Un peu en mal de bouffe dégueulasse et de bières douteuses, je ne savais plus trop où j'en étais ces dernières semaines. Où va-t-on ? Pourquoi les lapins mangent-ils des carottes ? Pourquoi les vaches boivent-elles du lait ? Quel âge aurait le Pape s'il était plus jeune ? Autant de questions existentielles aux réponses multiples et incertaines traversaient mon esprit malade, rendant mon quotidien aussi torturé que celui d'Anne Frank. Sensible à ma détresse, la charmante Claire m'invitait à faire le temps d'un week-end ce qu'Anne aurait dû faire plutôt que de jouer à cache-cache : visiter Londres.
Comme il se doit, le voyage se faisait en hélicoptère, ce qui me permettait de quitter Munich vendredi à l'aube (soit un bon 17h30 du mat') et de rejoindre Londres en -24 minutes, le décalage horaire aidant. La police locale m'ayant refusé l'atterrissage sur Trafalgar Square et collé un PV à $300, je me résolus à lâcher mon moyen de transport dans un petit jardin derrière Buckingham. A peine eus-je posé le pied à terre que je me rendis compte que mon week-end était déjà entièrement planifié par mon hôte. Outre les inévitables étapes dans les pubs, qui ponctueraient chacun de nos mouvements et nous permettraient d'assurer les six pintes quotidiennes nécessaires à la survie insulaire (à en juger par l'usage local, en tout cas), m'attendaient pétanque sous-marine, visite de ferme biologique, chasse à courre et épreuves chronométrées de démontage de vélo. Autant d'activités typiquement londoniennes et uniquement réalisables en équipe de deux.
Le Destin nous fit cependant comprendre qu'il ne voyait pas d'un bon œil ce programme au demeurant alléchant. Notre choix de la balle en mousse pour la pétanque sous-marine, bien que prometteur sur le papier, se révéla plutôt décevant, plus encore que notre expulsion de la ferme biologique. Il semblerait en effet que demander à des agriculteurs écolo quelle part de leur production sert à alimenter les McDonald's, tout en leur vantant les mérites des pesticides, ne soit pas aussi bien reçu que le croyais. C'est noté. Faute de chevaux, de chiens, d'armes, de forêt et de costumes hideux, nous dûmes également nous résoudre à laisser de côté la chasse à courre et terminâmes notre série de tentatives de divertissement par payer une nouvelle amende de ¥500 000 et nous faire confisquer notre chronomètre. Nos explications insistantes dans notre plus bel allemand n'y feront rien, les policiers londoniens ne rigolent pas avec le démontage chronométré de leurs bicyclettes. On reparlera du l'humour british, tiens.
Par dépit, nous nous sommes rabattus sur quelques occupations plus courues par les touristes de passage. Balades en bateau, dans Holland Park ou St James Park, devant Westminster, Picadilly ou Trafalgar Square viendront occuper les temps d'attente entre deux pintes, tandis que nos quelques visites de musées auront finalement pour point d'orgue le sauvetage en 3D de la planète commenté par Tom Cruise. A moins qu'il ne s'agisse de la construction de l'ISS, je sais plus.
Mes missions annexes consistant à tâter de l'intégralité des fast-foods londoniens et à me faire dépouiller pour les transports en commun remplies, il ne me restait plus, ce lundi matin, qu'à rentrer en Bavière pour sauver le monde. Ou, à défaut, tenter d'être au boulot avant midi. Levé à 5h30 heure anglaise, je me rendis rapidement à l'évidence : mon hélicoptère avait été volé par le staff d'Alerte Cobra. EasyJet me permit donc, décalage horaire inclus, de poser mon postérieur devant mon bureau à 11h55 pétantes. Dire qu'il y a des gens qui s'ennuient dans la vie.
lundi 27 juillet 2009
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en effet, tu aurais pu écrire cette chronique sous drogue...heureusement, je crois que tu n'étais que sous celle que nous vénérons en bons munichois...je parle bien sûr des quelques pourcents d'alcool de notre cervoise...Le résultat est en tout cas très distrayant ! £
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