Un peu, oui. Mais il faut être honnête : contrairement à ce qu'ont pu laisser croire mes premiers messages sur ce blog, publiés à intervalles particulièrement réduits, je n'ai jamais été bien doué pour faire les trucs à temps. Alors vous raconter la fin de mon séjour munichois depuis ma chambre de Viroflay ne présente rien de particulièrement abracadabrant. Si vous pouviez voir le tableau, vous seriez même certainement impressionnés par la propicité (rangez les dicos, ça existe pas) apparente de l'ambiance à cet exercice. Pièce en sous-pente, bureau éclairé par une lampe tamisée, calme, nuit... Ne me manquent qu'une aube de moine, une barbe de deux mètres et une plume d'oie pour écrire, et le cliché serait complet. Ok, j'arrête mon délire et je raconte.
Souvenez-vous, nous nous en étions arrêtés ici :
"À venir : visite de la Pinakothek der Moderne (Musée d'Art Moderne), départ de Lauranne, soirée Turque, départ de Cécile, soirée crêpes et bien d'autres choses encore (ou pas)."
Tout d'abord, il faut savoir que j'avais complètement zappé un événement notable de ce samedi 22 août : notre visite du Deutsches Museum, qui, comme son nom ne l'indique pas, ne contient pas que des trucs allemands. Plutôt intéressant, il aura permis à Bob et moi-même d'étaler nos connaissances mécaniques face à notre auditoire (Cécile, Lauranne et Baba), puis de nous endormir tous ensemble dans le département Chimie. Bref, entre des avions d'avant-guerre et un pendule de Foucault, nous clôturions cette visite hautement instructive par l'observation de chercheurs dans leur habitat naturel. En exclusivité mondiale, les Munichois ont imaginé le premier musée avec des scientifiques en démonstration.
Le lendemain, rebelote avec Laura en prime, pour la Pinakothek der Moderne, le musée d'art moderne de Munich. Vous savez à quel point railler l'art moderne en général est facile et m'attendez certainement au détour sur le sujet. Mais vous me savez également homme de challenges (un peu, quoi). Je résisterai donc comme il se doit à la tentation d'écrire des vannes sur les œuvres du type "Coup de canif dans une toile recouverte de tipp-ex" ou "Salle de 50 m éclairée tout du long par des néons verts". Parce que trop de facilité tue la facilité. Et en plus, y avait vraiment des trucs sympa dans ce musée. La fin d'après-midi était marquée par le triste départ de Lauranne, qui retournait à la dure réalité française après un mois de Würste und Kartoffeln.
Baba, Cécile et moi passions les deux soirées suivantes en compagnie de Pelin et Sevinc, deux amies Turques qui avaient dormi dans ma chambre à Paris lorsqu'elles y étaient passées quelques jours auparavant. Un resto le dimanche et leur soirée d'adieu le lendemain, à l'occasion de laquelle elles nous avaient préparé un plat turc, dont le nom m'échappe, mais dont la traduction française devrait rester imprimer dans ma mémoire encore quelques temps : "stérilité". Ça s'invente pas et ça fait pleurer les enfants. Baba et raccompagnions également Cécile à son train en ce lundi soir, celle-ci nous quittant enfin après nous avoir gonflés pendant cinq jours. Comme le disait un poète méconnu mais souvent cité : "C'est pas trop tôt."
Mon cerveau embrumé ne saurait décrire avec exactitude l'enchaînement des événements suivants, à l'exception notable une épique soirée crêpes chez moi, où Baba parvenait à éliminer les grumeaux d'une pâte pour huit personnes dans laquelle Bob avait versé l'intégralité de la farine pour en une seule fois. A quatre, dont une Allemande de 40 kg, les crêpes ne nous auront survécu qu'au nombre de trois. Malgré nos imaginations fertiles et la forte tentation, nous n'expérimentâmes pas les légendaires crêpes jambon-nutella et gruyère-confiture d'abricots. Peut-être l'occasion d'une vie laissée derrière nous.
Plutôt que d'être imprécis dans le récit (ce serait fort dommage, convenons-en), translatons jusqu'à un peu avant la mi-septembre. Si je passe du coup sous silence la découverte du Kugelhof chez Maëva (merci Thorsten), un visionnage de Inglorious Basterds doublé en allemand, ou encore une visite complète (et gratuite) du BMW Museum avec Bob), je ne pouvais raisonnablement pas, après tous ces mois passés ensemble à sortir, glander, boire et visiter des trucs culturels, ne pas m'arrêter sur le départ de Maxime (Bob, pour ceux qui suivent pas). Après avoir bouclé son stage et négocié âprement une semaine de vacances, il partait en avance vers la France, embarquant avec lui 40L de bière (dont dix pour moi + un carton) et plein de souvenirs, mais pas fâché pour autant de retrouver la gastronomie française. Un énorme merci à toi, Maxime, plus pour ces quelques mois que pour le convoyage de mon bordel alcoolique.
Je pense que si mon éclairage actuel était celui d'une bougie et non une lampe incandescente, celle-ci serait sur le point d'être intégralement consumée, me signifiant le moment de faire une nouvelle pause dans ce récit. La suite, dont l'arrivée se fera demain, relatera la nouvelle visite d'Alex et Jérém, à l'occasion de l'Oktoberfest, l'Oktoberfest en elle-même et, bien sûr, mon départ.
Sinon, c'était une blague, y aura rien demain. On vous fait vraiment gober n'importe qu'*PAF !*
vendredi 2 octobre 2009
lundi 21 septembre 2009
Attente...
Je sais que j'avais promis (ou du moins sous-entendu) que je raconterais rapidement la suite de mon mois d'août, mais le mois de septembre n'aura pas été particulièrement calme non plus, donc il faudra encore attendre un peu.
Cette semaine promet d'être encore pas mal agitée, surtout sachant que je me rentre samedi soir, donc il y de bonnes grosses chances pour que je raconte tout ça depuis la France. Je sais, ça enlève au charme du truc, mais bon...
Pour me faire pardonner, voici une image de koala.
Cette semaine promet d'être encore pas mal agitée, surtout sachant que je me rentre samedi soir, donc il y de bonnes grosses chances pour que je raconte tout ça depuis la France. Je sais, ça enlève au charme du truc, mais bon...
Pour me faire pardonner, voici une image de koala.
mercredi 2 septembre 2009
Ah ouais, quand même
Il semble à peu près évident que ma politique, qui consiste à vous demander de m'excuser pour la faible fréquence de mes mises à jour, porte ses fruits. Ainsi, d'un délai d'environ 2 semaines entre chaque publication, nous passons avec ce billet au mois complet d'attente. Je culpabilise, vous savez ? À ma décharge, ce mois a été plutôt bien rempli. Entre virées au bords de (deux) différents lacs, soirées avec étudiants Erasmus, journées avec étudiants Erasmus, soirées entre potes, accueil d'oncle, tante et cousins, de sœur, d'amis, il y avait largement de quoi faire.
En ce début de mois, mes petits cousins Antoniens fuguaient donc pour venir rejoindre mon aile protectrice et bavaroise. L'occasion de passer deux jours très agréables en leur compagnie et celle de leurs parents, qu'ils avaient amenés avec eux. Ils me rappelaient également, grâce à leur amour, une leçon pourtant mainte fois entendue : le soleil, ça file des coups de soleil. Il se trouve en effet que, malgré leurs poids respectifs tout à fait contenus, les câlins de ces chers enfants massèrent passionnément mon dos gorgé d'UV.
Quelques soirées, balades et rencontres plus tard, la mi-août approchait à grands pas. Profitant d'un temps sublime, Laulau, Peufman, Bob (que vous connaissez déjà) et moi-même passâmes donc un dimanche à la Dachauer Volksfest. La "Fête populaire de Dachau", pour parler français, accueillait ses derniers visiteurs, venus en nombre malgré la fournaise. Il faut dire que l'hôte teuton sait attirer du monde, et nous nous entassions donc aux côtés de familles entières dans le train nous y amenant. Entre deux boissons à l'apparence douteuse, nous n'échappions pas à une inévitable nouvelle séance d'Histoire : puisqu'on vous dit que Napoléon est passé par là... Le retour était évidemment bien plus calme, même cette expérience ne nous avait assurément pas laissés intacts.
La semaine suivante serait musicale. Comme depuis le début du mois, se tenaient chaque soir des concerts gratuits en plein air à l'Olympia Park. Agréablement surpris, une semaine plus tôt, par la performance d'un groupe de Ska-Reggae devant lequel Laura et moi étions allés nous remuer, je proposai de profiter à nouveau de cette musique gracieusement offerte pour passer la soirée dehors. Le premier des deux groupes à performer ce soir-là serait du "Punk-progressivo-stratosphérique". Bien qu'il soit possible que j'aie inventé les deux derniers mots, ces trois artistes d'avant-garde nous proposèrent des chansons en japonais, allemand, anglais et italien, jouées avec des instruments pour marionnettes sur un rythme à ennuyer un koala. Désespérés par les qualités musicales de la guitare-jouet et du gratte-bois-percu, nous quittions le public après l'arrivée du fort mal nommé "saxophone". La sonorité stridente de ces 25 cm de plastique rouge, combinée à l'annonce d'une deuxième chanson en italien, eut raison de notre patience. Nous remettions le couvert le lendemain avec plus de succès, devant un groupe sympa de rock-indie, suivi d'un pique-nique hautement gastronomique sur fond des basses et des flashes du concert de Madonna.
Interlude : Table des rencontres
Il devient clair que l'utilisation à tout va de prénoms commence à devenir un poil bordélique. Clarification.
Maxime (aka Bob) : pote de l'ESTACA, également en stage à Munich sur les mêmes périodes que moi. Compagnon de boisson et de soirées productives en chef.
Baba : stagiaire ENAC en fin d'études, rencontré mi-juin dans le car nous ramenant en France. C'est grâce à lui que j'ai découvert toutes les soirées Erasmus, étudiantes et autres joyeusetés. Un grand merci ! (Et un peu merci à Facebook aussi, pour être juste.)
Yann (aka Peufman) : rencontré au détour d'une soirée Erasmus, il est en dernière année à l'EPF (ce qui fait de lui un Peufien, selon ses propres dires), où Cécile débute cette semaine sa première année.
Lauranne (aka Laulau) : charmante touriste aux jolis yeux bleus, rencontrée à une Abschiedparty (tant pis si vous parlez pas allemand), où elle accompagnait Yann. Évidemment qu'on peut draguer sur un blog, vous croyez quoi ?
Laura (aka Laura) : rencontrée via un site d'échange linguistique (Sprachduo) ; elle ridiculise mon allemand pendant que je corrige son français. Ou un truc du genre.
Cécile : immigrée clandestine.
Olivia : amie de collège/lycée tellement gentille qu'elle a pris sur elle pour faire un détour et venir me voir.
Thomas : copain d'Olivia, tellement sympa qu'il l'a pas tapée pour lui avoir fait faire un détour par la Bavière.
Reprenons : nous sommes le mercredi 19 août, 6h20, mon réveil sonne. Comment peut-on raisonnablement croire en l'Amour fraternel lorsqu'une gamine d'1m60 nous impose un tel supplice ? Après avoir traîné Cécile par les cheveux de la gare jusqu'à chez moi, je l'abandonne donc à Lauranne, qui se chargera de lui faire visiter la ville pendant que je vais au boulot. Je suis à la bourre, évidemment. Le soir même, nous nous retrouvons à une autre Abschiedparty (allez, je suis sympa) dans l'Englischergarten, dont on retiendra en particulier que la nuit, il fait noir.
Le jeudi est marqué par l'arrivée d'Olivia et Thomas, à cause de qui je rate une partie d'un concert de jazz que je n'avais de toute manière pas envie de regarder. La soirée se poursuit par un pique-nique improvisé chez moi, après que tout le monde nous y a rejoints, suivie par une séance épique de gonflage de matelas.
Le point d'orgue de cette semaine déjà mémorable fut le repas à la Hofbräuhaus (dont je vous ai déjà parlé) du vendredi soir. Lieu touristique essentiel à toute personne de passage dans la région, la Hofbräuhaus accueille également sous son toit des Bavarois, des vrais. Alors que nous nous installons tranquillement à une table pour six personnes (nos trois Français de passage, Lauranne, Bob et moi) et passons commande, un allemand d'un âge avancé et visiblement bien entamé (rétamé, diront certains), vient nous faire la conversation. Après quelques échanges de politesse, nous apprenons qu'il en est à 5L de bière pour ce soir, mais surtout qu'il vient ici depuis 42 ans. Rien que ça. Sa Stammtisch serait, et on veut bien le croire, la plus vieille de la ville (il y a un même un petit écriteau au-dessus spécifiant "La table des chasseurs", si ma mémoire est bonne). Cette table étant voisine de la nôtre, il nous vante son statut de "chef", vire tout le monde (!) et nous y invite avec véhémence. Amusés, Maxime et moi le suivons, imité poliment par nos acolytes, alors qu'il nous montre ses photos de trophées de chasse. Nous avons droit à la totale : il nous explique que son Maß top-collector est stocké dans un des derniers casiers personnels de la taverne, puis nous offre une démonstration de reniflage de tabac bavarois (en s'en mettant plein la tronche), entre deux histoires sur la participation de son père à la Première Guerre Mondiale. Alors qu'une partie de la table se fout de son strabisme inouï, probablement largement amplifié par la bière, et que l'autre l'écoute raconter un match Bayern-St Étienne de 1972 , je me retrouve au milieu, lui à moitié (voire complètement) affalé sur moi pour parler à mes voisins. Ma patience aurait probablement pu encaisser le choc s'il n'avait pas déjà, en l'espace de dix minutes, déversé une demi-douzaine de fois le volume de l'Atlantique en postillons dans mon assiette ; ce qui provoque également de nombreuses crises de rire chez mes voisins, que je trouve assez peu solidaires. Prétextant avoir vu un kangourou nous faire signe de l'autre côté de la salle, je me lève et nous nous dirigeons vers une table un peu plus sèche, où chacun peut tranquillement terminer son repas (ou regarder son assiette de très loin, dans mon cas).
Le samedi est plus calme et sera surtout marqué par le départ matinal d'Olivia et Thomas et la dégustation nocturne de "puddings" presque périmés, d'un rouge fluo plus que douteux. Vive la Bavière.
Je me rend également compte que j'ai cité son nom dans la table des rencontres sans une seule fois faire mention de son nom dans mes récits : Baba était présent à toutes les soirées racontées plus haut, à l'exception notable de celles où j'ai précisé les noms des personnes présentes, a savoir la Dachauer Volksfest et la Hofbräuhaus. Et ça c'est fort.
Il est évident que j'ai, à ce point du récit, perdu la plupart d'entre vous. Ma tendance à étaler sur cinq pages quelque chose qui en méritait dix fois moins y est très certainement pour quelque chose, j'en conviens. Cependant, je rechigne à amputer ma prose expansive, par flemme principalement, et vous propose le compromis suivant : c'est fini pour aujourd'hui.
À venir : visite de la Pinakothek der Moderne (Musée d'Art Moderne), départ de Lauranne, soirée Turque, départ de Cécile, soirée crêpes et bien d'autres choses encore (ou pas).
Je tiens à signaler que, même si elles ne se présentent pas sous une forme aussi étalée, je suis toujours preneur de nouvelles de vous tous !
En ce début de mois, mes petits cousins Antoniens fuguaient donc pour venir rejoindre mon aile protectrice et bavaroise. L'occasion de passer deux jours très agréables en leur compagnie et celle de leurs parents, qu'ils avaient amenés avec eux. Ils me rappelaient également, grâce à leur amour, une leçon pourtant mainte fois entendue : le soleil, ça file des coups de soleil. Il se trouve en effet que, malgré leurs poids respectifs tout à fait contenus, les câlins de ces chers enfants massèrent passionnément mon dos gorgé d'UV.
Quelques soirées, balades et rencontres plus tard, la mi-août approchait à grands pas. Profitant d'un temps sublime, Laulau, Peufman, Bob (que vous connaissez déjà) et moi-même passâmes donc un dimanche à la Dachauer Volksfest. La "Fête populaire de Dachau", pour parler français, accueillait ses derniers visiteurs, venus en nombre malgré la fournaise. Il faut dire que l'hôte teuton sait attirer du monde, et nous nous entassions donc aux côtés de familles entières dans le train nous y amenant. Entre deux boissons à l'apparence douteuse, nous n'échappions pas à une inévitable nouvelle séance d'Histoire : puisqu'on vous dit que Napoléon est passé par là... Le retour était évidemment bien plus calme, même cette expérience ne nous avait assurément pas laissés intacts.
La semaine suivante serait musicale. Comme depuis le début du mois, se tenaient chaque soir des concerts gratuits en plein air à l'Olympia Park. Agréablement surpris, une semaine plus tôt, par la performance d'un groupe de Ska-Reggae devant lequel Laura et moi étions allés nous remuer, je proposai de profiter à nouveau de cette musique gracieusement offerte pour passer la soirée dehors. Le premier des deux groupes à performer ce soir-là serait du "Punk-progressivo-stratosphérique". Bien qu'il soit possible que j'aie inventé les deux derniers mots, ces trois artistes d'avant-garde nous proposèrent des chansons en japonais, allemand, anglais et italien, jouées avec des instruments pour marionnettes sur un rythme à ennuyer un koala. Désespérés par les qualités musicales de la guitare-jouet et du gratte-bois-percu, nous quittions le public après l'arrivée du fort mal nommé "saxophone". La sonorité stridente de ces 25 cm de plastique rouge, combinée à l'annonce d'une deuxième chanson en italien, eut raison de notre patience. Nous remettions le couvert le lendemain avec plus de succès, devant un groupe sympa de rock-indie, suivi d'un pique-nique hautement gastronomique sur fond des basses et des flashes du concert de Madonna.
Interlude : Table des rencontres
Il devient clair que l'utilisation à tout va de prénoms commence à devenir un poil bordélique. Clarification.
Maxime (aka Bob) : pote de l'ESTACA, également en stage à Munich sur les mêmes périodes que moi. Compagnon de boisson et de soirées productives en chef.
Baba : stagiaire ENAC en fin d'études, rencontré mi-juin dans le car nous ramenant en France. C'est grâce à lui que j'ai découvert toutes les soirées Erasmus, étudiantes et autres joyeusetés. Un grand merci ! (Et un peu merci à Facebook aussi, pour être juste.)
Yann (aka Peufman) : rencontré au détour d'une soirée Erasmus, il est en dernière année à l'EPF (ce qui fait de lui un Peufien, selon ses propres dires), où Cécile débute cette semaine sa première année.
Lauranne (aka Laulau) : charmante touriste aux jolis yeux bleus, rencontrée à une Abschiedparty (tant pis si vous parlez pas allemand), où elle accompagnait Yann. Évidemment qu'on peut draguer sur un blog, vous croyez quoi ?
Laura (aka Laura) : rencontrée via un site d'échange linguistique (Sprachduo) ; elle ridiculise mon allemand pendant que je corrige son français. Ou un truc du genre.
Cécile : immigrée clandestine.
Olivia : amie de collège/lycée tellement gentille qu'elle a pris sur elle pour faire un détour et venir me voir.
Thomas : copain d'Olivia, tellement sympa qu'il l'a pas tapée pour lui avoir fait faire un détour par la Bavière.
Reprenons : nous sommes le mercredi 19 août, 6h20, mon réveil sonne. Comment peut-on raisonnablement croire en l'Amour fraternel lorsqu'une gamine d'1m60 nous impose un tel supplice ? Après avoir traîné Cécile par les cheveux de la gare jusqu'à chez moi, je l'abandonne donc à Lauranne, qui se chargera de lui faire visiter la ville pendant que je vais au boulot. Je suis à la bourre, évidemment. Le soir même, nous nous retrouvons à une autre Abschiedparty (allez, je suis sympa) dans l'Englischergarten, dont on retiendra en particulier que la nuit, il fait noir.
Le jeudi est marqué par l'arrivée d'Olivia et Thomas, à cause de qui je rate une partie d'un concert de jazz que je n'avais de toute manière pas envie de regarder. La soirée se poursuit par un pique-nique improvisé chez moi, après que tout le monde nous y a rejoints, suivie par une séance épique de gonflage de matelas.
Le point d'orgue de cette semaine déjà mémorable fut le repas à la Hofbräuhaus (dont je vous ai déjà parlé) du vendredi soir. Lieu touristique essentiel à toute personne de passage dans la région, la Hofbräuhaus accueille également sous son toit des Bavarois, des vrais. Alors que nous nous installons tranquillement à une table pour six personnes (nos trois Français de passage, Lauranne, Bob et moi) et passons commande, un allemand d'un âge avancé et visiblement bien entamé (rétamé, diront certains), vient nous faire la conversation. Après quelques échanges de politesse, nous apprenons qu'il en est à 5L de bière pour ce soir, mais surtout qu'il vient ici depuis 42 ans. Rien que ça. Sa Stammtisch serait, et on veut bien le croire, la plus vieille de la ville (il y a un même un petit écriteau au-dessus spécifiant "La table des chasseurs", si ma mémoire est bonne). Cette table étant voisine de la nôtre, il nous vante son statut de "chef", vire tout le monde (!) et nous y invite avec véhémence. Amusés, Maxime et moi le suivons, imité poliment par nos acolytes, alors qu'il nous montre ses photos de trophées de chasse. Nous avons droit à la totale : il nous explique que son Maß top-collector est stocké dans un des derniers casiers personnels de la taverne, puis nous offre une démonstration de reniflage de tabac bavarois (en s'en mettant plein la tronche), entre deux histoires sur la participation de son père à la Première Guerre Mondiale. Alors qu'une partie de la table se fout de son strabisme inouï, probablement largement amplifié par la bière, et que l'autre l'écoute raconter un match Bayern-St Étienne de 1972 , je me retrouve au milieu, lui à moitié (voire complètement) affalé sur moi pour parler à mes voisins. Ma patience aurait probablement pu encaisser le choc s'il n'avait pas déjà, en l'espace de dix minutes, déversé une demi-douzaine de fois le volume de l'Atlantique en postillons dans mon assiette ; ce qui provoque également de nombreuses crises de rire chez mes voisins, que je trouve assez peu solidaires. Prétextant avoir vu un kangourou nous faire signe de l'autre côté de la salle, je me lève et nous nous dirigeons vers une table un peu plus sèche, où chacun peut tranquillement terminer son repas (ou regarder son assiette de très loin, dans mon cas).
Le samedi est plus calme et sera surtout marqué par le départ matinal d'Olivia et Thomas et la dégustation nocturne de "puddings" presque périmés, d'un rouge fluo plus que douteux. Vive la Bavière.
Je me rend également compte que j'ai cité son nom dans la table des rencontres sans une seule fois faire mention de son nom dans mes récits : Baba était présent à toutes les soirées racontées plus haut, à l'exception notable de celles où j'ai précisé les noms des personnes présentes, a savoir la Dachauer Volksfest et la Hofbräuhaus. Et ça c'est fort.
Il est évident que j'ai, à ce point du récit, perdu la plupart d'entre vous. Ma tendance à étaler sur cinq pages quelque chose qui en méritait dix fois moins y est très certainement pour quelque chose, j'en conviens. Cependant, je rechigne à amputer ma prose expansive, par flemme principalement, et vous propose le compromis suivant : c'est fini pour aujourd'hui.
À venir : visite de la Pinakothek der Moderne (Musée d'Art Moderne), départ de Lauranne, soirée Turque, départ de Cécile, soirée crêpes et bien d'autres choses encore (ou pas).
Je tiens à signaler que, même si elles ne se présentent pas sous une forme aussi étalée, je suis toujours preneur de nouvelles de vous tous !
lundi 27 juillet 2009
Drolens
Un peu en mal de bouffe dégueulasse et de bières douteuses, je ne savais plus trop où j'en étais ces dernières semaines. Où va-t-on ? Pourquoi les lapins mangent-ils des carottes ? Pourquoi les vaches boivent-elles du lait ? Quel âge aurait le Pape s'il était plus jeune ? Autant de questions existentielles aux réponses multiples et incertaines traversaient mon esprit malade, rendant mon quotidien aussi torturé que celui d'Anne Frank. Sensible à ma détresse, la charmante Claire m'invitait à faire le temps d'un week-end ce qu'Anne aurait dû faire plutôt que de jouer à cache-cache : visiter Londres.
Comme il se doit, le voyage se faisait en hélicoptère, ce qui me permettait de quitter Munich vendredi à l'aube (soit un bon 17h30 du mat') et de rejoindre Londres en -24 minutes, le décalage horaire aidant. La police locale m'ayant refusé l'atterrissage sur Trafalgar Square et collé un PV à $300, je me résolus à lâcher mon moyen de transport dans un petit jardin derrière Buckingham. A peine eus-je posé le pied à terre que je me rendis compte que mon week-end était déjà entièrement planifié par mon hôte. Outre les inévitables étapes dans les pubs, qui ponctueraient chacun de nos mouvements et nous permettraient d'assurer les six pintes quotidiennes nécessaires à la survie insulaire (à en juger par l'usage local, en tout cas), m'attendaient pétanque sous-marine, visite de ferme biologique, chasse à courre et épreuves chronométrées de démontage de vélo. Autant d'activités typiquement londoniennes et uniquement réalisables en équipe de deux.
Le Destin nous fit cependant comprendre qu'il ne voyait pas d'un bon œil ce programme au demeurant alléchant. Notre choix de la balle en mousse pour la pétanque sous-marine, bien que prometteur sur le papier, se révéla plutôt décevant, plus encore que notre expulsion de la ferme biologique. Il semblerait en effet que demander à des agriculteurs écolo quelle part de leur production sert à alimenter les McDonald's, tout en leur vantant les mérites des pesticides, ne soit pas aussi bien reçu que le croyais. C'est noté. Faute de chevaux, de chiens, d'armes, de forêt et de costumes hideux, nous dûmes également nous résoudre à laisser de côté la chasse à courre et terminâmes notre série de tentatives de divertissement par payer une nouvelle amende de ¥500 000 et nous faire confisquer notre chronomètre. Nos explications insistantes dans notre plus bel allemand n'y feront rien, les policiers londoniens ne rigolent pas avec le démontage chronométré de leurs bicyclettes. On reparlera du l'humour british, tiens.
Par dépit, nous nous sommes rabattus sur quelques occupations plus courues par les touristes de passage. Balades en bateau, dans Holland Park ou St James Park, devant Westminster, Picadilly ou Trafalgar Square viendront occuper les temps d'attente entre deux pintes, tandis que nos quelques visites de musées auront finalement pour point d'orgue le sauvetage en 3D de la planète commenté par Tom Cruise. A moins qu'il ne s'agisse de la construction de l'ISS, je sais plus.
Mes missions annexes consistant à tâter de l'intégralité des fast-foods londoniens et à me faire dépouiller pour les transports en commun remplies, il ne me restait plus, ce lundi matin, qu'à rentrer en Bavière pour sauver le monde. Ou, à défaut, tenter d'être au boulot avant midi. Levé à 5h30 heure anglaise, je me rendis rapidement à l'évidence : mon hélicoptère avait été volé par le staff d'Alerte Cobra. EasyJet me permit donc, décalage horaire inclus, de poser mon postérieur devant mon bureau à 11h55 pétantes. Dire qu'il y a des gens qui s'ennuient dans la vie.
Comme il se doit, le voyage se faisait en hélicoptère, ce qui me permettait de quitter Munich vendredi à l'aube (soit un bon 17h30 du mat') et de rejoindre Londres en -24 minutes, le décalage horaire aidant. La police locale m'ayant refusé l'atterrissage sur Trafalgar Square et collé un PV à $300, je me résolus à lâcher mon moyen de transport dans un petit jardin derrière Buckingham. A peine eus-je posé le pied à terre que je me rendis compte que mon week-end était déjà entièrement planifié par mon hôte. Outre les inévitables étapes dans les pubs, qui ponctueraient chacun de nos mouvements et nous permettraient d'assurer les six pintes quotidiennes nécessaires à la survie insulaire (à en juger par l'usage local, en tout cas), m'attendaient pétanque sous-marine, visite de ferme biologique, chasse à courre et épreuves chronométrées de démontage de vélo. Autant d'activités typiquement londoniennes et uniquement réalisables en équipe de deux.
Le Destin nous fit cependant comprendre qu'il ne voyait pas d'un bon œil ce programme au demeurant alléchant. Notre choix de la balle en mousse pour la pétanque sous-marine, bien que prometteur sur le papier, se révéla plutôt décevant, plus encore que notre expulsion de la ferme biologique. Il semblerait en effet que demander à des agriculteurs écolo quelle part de leur production sert à alimenter les McDonald's, tout en leur vantant les mérites des pesticides, ne soit pas aussi bien reçu que le croyais. C'est noté. Faute de chevaux, de chiens, d'armes, de forêt et de costumes hideux, nous dûmes également nous résoudre à laisser de côté la chasse à courre et terminâmes notre série de tentatives de divertissement par payer une nouvelle amende de ¥500 000 et nous faire confisquer notre chronomètre. Nos explications insistantes dans notre plus bel allemand n'y feront rien, les policiers londoniens ne rigolent pas avec le démontage chronométré de leurs bicyclettes. On reparlera du l'humour british, tiens.
Par dépit, nous nous sommes rabattus sur quelques occupations plus courues par les touristes de passage. Balades en bateau, dans Holland Park ou St James Park, devant Westminster, Picadilly ou Trafalgar Square viendront occuper les temps d'attente entre deux pintes, tandis que nos quelques visites de musées auront finalement pour point d'orgue le sauvetage en 3D de la planète commenté par Tom Cruise. A moins qu'il ne s'agisse de la construction de l'ISS, je sais plus.
Mes missions annexes consistant à tâter de l'intégralité des fast-foods londoniens et à me faire dépouiller pour les transports en commun remplies, il ne me restait plus, ce lundi matin, qu'à rentrer en Bavière pour sauver le monde. Ou, à défaut, tenter d'être au boulot avant midi. Levé à 5h30 heure anglaise, je me rendis rapidement à l'évidence : mon hélicoptère avait été volé par le staff d'Alerte Cobra. EasyJet me permit donc, décalage horaire inclus, de poser mon postérieur devant mon bureau à 11h55 pétantes. Dire qu'il y a des gens qui s'ennuient dans la vie.
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mercredi 8 juillet 2009
France to back (ou un truc du genre)
Fidèle à ma volonté de vous fournir une lecture régulière, je reviens à la charge après deux grosses semaines sans nouvelles. Première nouvelle, je ne suis pas mort. Pourtant, ces derniers week-ends n'ont pas été de tout repos : apparemment décidée à ne pas me lâcher les basques, la France s'était invitée à Munich.
Dans un premier temps, alors même que mon colocataire terminait son voyage autour de l'Europe dans ma chambre à Courbevoie, ma chère Mère rejoignait la Bavière accompagnée de Captain America. Après 1h30 d'errances, dues à la négligence des deux partis (hôte attendant dans le mauvais mauvais terminal, numéro de téléphone de l'hôte oublié en France pour l'une, numéro de téléphone pas oublié en France mais présence dudit numéro dans son répertoire oubliée pour l'autre...), nous nous retrouvions donc à l'aéroport et récupérions notre Porsche 911 Carrera 4S Cabriolet de location. Après un dîner dans la plus grande taverne de la galaxie et avoir initié l'instance parentale présente au volume des boissons allemandes ainsi qu'à la grande tradition charcutière du pays, puis une nuit de repos bien méritée, nous profitions de notre moyen de locomotion et des autoroutes sans limitation de vitesse pour rejoindre Neuschwanstein.
Le château, construit par Louis II dans la deuxième moitié du 19ème, nage en plein dans le délire romantique de son géniteur. En plus d'être dans un cadre plutôt magnifique, Neuschwanstein est également très sympa à regarder. Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur : toutes les salles font allusion à des contes de fées, pour la plupart adaptés en opéras par Wagner et dont Louis II était un groupie acharné. L'avantage des tyrans romantico-dépressifs, c'est qu'ils font en général les choses en grand. Ce qui est alors fort triste si le peuple crève la dalle, devient magnifique quelques décennies plus tard. Petite anecdote pour ceux d'entre vous à qui l'info aurait échappé, Louis II a poussé tellement loin et bien son obsession du conte de fées avec ce château, que Disney s'en est très largement inspiré pour le château de La Belle au bois dormant. Note à tous les Estaciens de passage : je sais maintenant d'où viennent les poubelles de la cour et prévois dans un futur proche d'organiser un pèlerinage sur place.
Après m'être une nouvelle fois fait inviter au restaurant et avoir mangé une partie non-identifiée d'un porc qui l'avait probablement bien mérité, puis pris une bonne nuit de récupération, je rejoignis mes visiteurs pour une nouvelle balade vers le Sud de la Bavière, cette fois-ci au pied des Alpes ; à Garmisch-Partenkirchen. En plus d'occuper la deuxième place du classement européen des noms de ville les plus pourris(1) (battue il est vrai à plate couture par Seydhisfjördhur, petite bourgade de l'Est de l'Islande), Garmisch s'avère être une ville tout à fait sympathique au style très tyrolien ('fin je crois, j'y connais rien), au centre ville si cliché qu'il ne dépareillerait pas si on le collait tel quel dans Disneyland. Ce qui ne semble pas être un compliment en est en fait un ; j'aime le style Disneyland. La ville est par ailleurs connue pour ses énormes pistes de ski qui donnent des frayeurs aux descendeurs de championnat du Monde et se positionne de fait comme atout de choix pour la candidature de Munich aux JO d'hiver 2018.
Retour à Munich, bisous, câlin, au revoir. (J'avais envie de bâcler une fin d'histoire.)
Week-end suivant (ou dernier, selon le point de vue), Pierre vient risquer sa vie en contrée teutonne. Son avion du jeudi soir ayant été annulé (ils s'effraient vite les pilotes de la Luthansa... chez Air France, orage ou pas, Atlantique ou pas, ils y vont) , il se voit forcé de passer la nuit à l'hôtel, puis se retrouve finalement seul à l'aéroport de Munich, faute d'avoir pu me donner une heure d'arrivée, sans réseau sur son portable. Quelques péripéties cabino-téléphoniques et mots d'allemand baragouinés plus tard, nous nous retrouvons pour entamer le aventures touristiques de rigueur. Sur le WE, tous les éléments primordiaux y passent : Hofbräuhaus, BMW Welt, Marienplatz, Englischergarten, le tout joyeusement dilué dans ce qu'il faut de culture locale. Notre dimanche sera par contre contrarié par la pluie et son départ de bonne heure. Un WE finalement aussi compact que sympathique.
Bon, vous êtes bien gentils, mais j'ai une lessive à étendre et 24h de crasse à laver moi.
PS : aujourd'hui, en plus des désormais habituelles parenthèses trop longues, vous avez eu droit aux liens ; c'est beau l'Internet.
(1) "Classement européen 2008 des villes aux noms les plus moches et récapitulatif des différentes variétés de pommes de pin d'hier et d'aujourd'hui", La Creuse Libre, hors-série N°17, mars 1999
Dans un premier temps, alors même que mon colocataire terminait son voyage autour de l'Europe dans ma chambre à Courbevoie, ma chère Mère rejoignait la Bavière accompagnée de Captain America. Après 1h30 d'errances, dues à la négligence des deux partis (hôte attendant dans le mauvais mauvais terminal, numéro de téléphone de l'hôte oublié en France pour l'une, numéro de téléphone pas oublié en France mais présence dudit numéro dans son répertoire oubliée pour l'autre...), nous nous retrouvions donc à l'aéroport et récupérions notre Porsche 911 Carrera 4S Cabriolet de location. Après un dîner dans la plus grande taverne de la galaxie et avoir initié l'instance parentale présente au volume des boissons allemandes ainsi qu'à la grande tradition charcutière du pays, puis une nuit de repos bien méritée, nous profitions de notre moyen de locomotion et des autoroutes sans limitation de vitesse pour rejoindre Neuschwanstein.
Le château, construit par Louis II dans la deuxième moitié du 19ème, nage en plein dans le délire romantique de son géniteur. En plus d'être dans un cadre plutôt magnifique, Neuschwanstein est également très sympa à regarder. Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur : toutes les salles font allusion à des contes de fées, pour la plupart adaptés en opéras par Wagner et dont Louis II était un groupie acharné. L'avantage des tyrans romantico-dépressifs, c'est qu'ils font en général les choses en grand. Ce qui est alors fort triste si le peuple crève la dalle, devient magnifique quelques décennies plus tard. Petite anecdote pour ceux d'entre vous à qui l'info aurait échappé, Louis II a poussé tellement loin et bien son obsession du conte de fées avec ce château, que Disney s'en est très largement inspiré pour le château de La Belle au bois dormant. Note à tous les Estaciens de passage : je sais maintenant d'où viennent les poubelles de la cour et prévois dans un futur proche d'organiser un pèlerinage sur place.
Après m'être une nouvelle fois fait inviter au restaurant et avoir mangé une partie non-identifiée d'un porc qui l'avait probablement bien mérité, puis pris une bonne nuit de récupération, je rejoignis mes visiteurs pour une nouvelle balade vers le Sud de la Bavière, cette fois-ci au pied des Alpes ; à Garmisch-Partenkirchen. En plus d'occuper la deuxième place du classement européen des noms de ville les plus pourris(1) (battue il est vrai à plate couture par Seydhisfjördhur, petite bourgade de l'Est de l'Islande), Garmisch s'avère être une ville tout à fait sympathique au style très tyrolien ('fin je crois, j'y connais rien), au centre ville si cliché qu'il ne dépareillerait pas si on le collait tel quel dans Disneyland. Ce qui ne semble pas être un compliment en est en fait un ; j'aime le style Disneyland. La ville est par ailleurs connue pour ses énormes pistes de ski qui donnent des frayeurs aux descendeurs de championnat du Monde et se positionne de fait comme atout de choix pour la candidature de Munich aux JO d'hiver 2018.
Retour à Munich, bisous, câlin, au revoir. (J'avais envie de bâcler une fin d'histoire.)
Week-end suivant (ou dernier, selon le point de vue), Pierre vient risquer sa vie en contrée teutonne. Son avion du jeudi soir ayant été annulé (ils s'effraient vite les pilotes de la Luthansa... chez Air France, orage ou pas, Atlantique ou pas, ils y vont) , il se voit forcé de passer la nuit à l'hôtel, puis se retrouve finalement seul à l'aéroport de Munich, faute d'avoir pu me donner une heure d'arrivée, sans réseau sur son portable. Quelques péripéties cabino-téléphoniques et mots d'allemand baragouinés plus tard, nous nous retrouvons pour entamer le aventures touristiques de rigueur. Sur le WE, tous les éléments primordiaux y passent : Hofbräuhaus, BMW Welt, Marienplatz, Englischergarten, le tout joyeusement dilué dans ce qu'il faut de culture locale. Notre dimanche sera par contre contrarié par la pluie et son départ de bonne heure. Un WE finalement aussi compact que sympathique.
Bon, vous êtes bien gentils, mais j'ai une lessive à étendre et 24h de crasse à laver moi.
PS : aujourd'hui, en plus des désormais habituelles parenthèses trop longues, vous avez eu droit aux liens ; c'est beau l'Internet.
(1) "Classement européen 2008 des villes aux noms les plus moches et récapitulatif des différentes variétés de pommes de pin d'hier et d'aujourd'hui", La Creuse Libre, hors-série N°17, mars 1999
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lundi 22 juin 2009
Back to France
Note préliminaire : bien qu’écrit avec autant d’amour que les précédents billets, celui-ci verse dans le pur racontage de life. Je l’ai déjà fait par le passé, mais il s’agissait d’Allemagne. Lecteur, tu es donc averti : soirées courbevoisiennes inside et protagonistes potentiellement inconnus. Si vous ne voyez pas de qui je parle, imaginez-vous quelqu’un de moche et ivre.
Comme cela devient l’usage, je raconte ma vie à peu près 10 jours après que les événements cités se soient déroulés. Cela me permet de ce fait de m’assurer qu’il y ait à la fois maturation desdits événements dans ma mémoire et prescription au cas ou la CIA lirait ce post. Ou pas loin. Cédant, comme ma faiblesse psychologique me le fait souvent faire, à la pression du groupe (en l’occurrence, amis et famille), je revenais sur Paris à contrecœur entre le 11 et le 14 juin, à la faveur d’un WE de 4 jours créé par le 11 juin, férié en Allemagne. Ayant été dans l’incapacité la plus totale de répondre autre chose que « Je l’ai su » ou « J’m’en tape, c’est férié » aux nombreuses personnes qui m’ont demandé en quoi consistait ce jour férié, voici donc la réponse : il s’agit d’une fête catholique, le Fronleichnam, ou Fête-Dieu en français, célébrée le jeudi suivant la Trinitié, soit 60 jours après Pâques. Si vous voulez mon avis professionnel, je trouve triste qu’un jour aussi important ne soit pas férié en France.
Tant pour des raisons d’économies que de places restantes dans les différents autres moyens de transport, le voyage aller s’est fait en bus de nuit. À défaut d’être confortable, le voyage me permit de rencontrer deux charmantes Montpelliéraines revenant de quelques jours chez leurs correspondantes et un autre étudiant ingénieur en stage sur Munich, grâce à qui la première partie du voyage fut assez marrante. Côté sommeil, ce fut clairement plus limité, mais la prestation reflétait le prix payé pour le transport.
Arrivé sur Paris, je retrouvai instantanément mes réflexes mes réflexes de commuter confirmé (oui, je prends le vélo pour aller en cours, et alors ?) et remontai la ligne 3 de métro avec cet étrange sentiment de ne pas encore être recalé sur les mœurs du pays. Je doute par exemple qu’il y a deux mois, le premier mot me venant à l’esprit après avoir bousculé quelqu’un aurait été « Entschuldigung ».
Après des retrouvailles familiales émouvantes (j’ai failli pleurer), je profitai du fait que tout le monde ait vaqué à ses occupations professionnelles, scolaires ou vacationnelles pour rattraper les quelques heures desquelles ma nuit avait été sauvagement amputée. Alexandre me rejoignait ensuite, avant que nous n’allions tous deux voir Julien. Le trajet entre chez ses parents et son appart dans sa voiture de fonction fut juste épique, du fait de la conduite sportive (qu’il n’est apparemment pas capable de contenir, ce gros blaireau) et de ma position, allongé sur une grosse boîte en métal dans son coffre. Un repas avalé chacun de son côté, et après que j’aie pu dire bonjour à ses charmantes mère et sœur, Alex et moi rejoignîmes la chambre de Jérémy. L’occasion pour moi de croiser avec plaisir un Noir et sa copine (vu qu’elle lira probablement pas ça, si quelqu’un voulait bien transmettre ma demande en mariage à Axelle, merci), également invités. Insultés par la manière dont elle nous regardait de haut, nous mettions à terre une insolente bouteille de breuvage slave et retournions dans nos pénates à une heure honteusement peu avancée de la nuit. Je sais qu’il y en a qui bossent, mais quand même.
La journée du vendredi déjà conséquemment amputée par une matinée de sommeil (au demeurant mérité), j’avais tout juste le temps d’effectuer quelques opérations de maintenance informatique sur le PC familial (quand je me barre définitivement, je leur refourgue un Mac) avant de partir boire un café avec la divine Chloé (youpi) ; nous fûmes malheureusement rejoints par son copain (eurk) et Alex avant qu’elle ne parte tuer des enfants pour gagner sa vie. Pizzas offertes par Alex (merci mon amour) et gîte par Stéphane, nous sociabilisâmes vidéoludiquement avant de rejoindre la cave de Jérémy, où nous rejoignit Pierre. Un poker et quelques délires que je ne me risquerai pas à raconter ici plus tard, ce qui nous amenait à un horaire déjà moins honteux que celui de la veille, nous rentrions une fois de plus dans nos demeures bourgeoises.
Levé à l’aube le samedi (comprendre : avant midi), et après un déménagement d’armoire normande avec deux aimables voisins et amis, je profitai du temps de préparation du repas pour résoudre quelques problèmes de cœur, je retournai le ventre (délicieusement) plein chez Chloé et Stéphane pour passer plus de temps ensemble que celui d’un café. Un super après-midi plus tard, je me faisais virer au prétexte fallacieux de l’arrivée de prétendus invités (à d’autres) et rentrais aider ma petite Maman à déménager plein de gros trucs. Malgré les galères organisationnelles, nous parvînmes à un résultat d’entassage satisfaisant, ce qui me permettait de rejoindre Alex et Pierre dans une soirée de détente intellectuelle totale, faite de morts de terroristes et de meilleurs tours en course.
Le dimanche serait paternel. Arrivant intelligemment en fin de matinée (soit un bon 13h), c’était notamment l’occasion de revoir les deux adorables andouilles qui me servent de frère et sœur. Une fois ceux-ci bazardés dans diverses fêtes avec leurs copains respectifs, nous lézardâmes au soleil avec pour musique de fond du Boris Vian plus ou moins abîmé par une chorale de jeunes enfants. Je rentrais ensuite terminer de préparer mes affaires avant de me faire accompagner au train de nuit qui me ramènerait en Allemagne par les deux femmes de ma vie, Chloé et Alex.
Conclusion : merci à tous pour ce super WE. Vous m’aviez même pas manqué.
PS : une fois de plus, fuck la concordance des temps du passé
PS-2 : je fais des posts de 10 pages sur rien du tout si je veux
Comme cela devient l’usage, je raconte ma vie à peu près 10 jours après que les événements cités se soient déroulés. Cela me permet de ce fait de m’assurer qu’il y ait à la fois maturation desdits événements dans ma mémoire et prescription au cas ou la CIA lirait ce post. Ou pas loin. Cédant, comme ma faiblesse psychologique me le fait souvent faire, à la pression du groupe (en l’occurrence, amis et famille), je revenais sur Paris à contrecœur entre le 11 et le 14 juin, à la faveur d’un WE de 4 jours créé par le 11 juin, férié en Allemagne. Ayant été dans l’incapacité la plus totale de répondre autre chose que « Je l’ai su » ou « J’m’en tape, c’est férié » aux nombreuses personnes qui m’ont demandé en quoi consistait ce jour férié, voici donc la réponse : il s’agit d’une fête catholique, le Fronleichnam, ou Fête-Dieu en français, célébrée le jeudi suivant la Trinitié, soit 60 jours après Pâques. Si vous voulez mon avis professionnel, je trouve triste qu’un jour aussi important ne soit pas férié en France.
Tant pour des raisons d’économies que de places restantes dans les différents autres moyens de transport, le voyage aller s’est fait en bus de nuit. À défaut d’être confortable, le voyage me permit de rencontrer deux charmantes Montpelliéraines revenant de quelques jours chez leurs correspondantes et un autre étudiant ingénieur en stage sur Munich, grâce à qui la première partie du voyage fut assez marrante. Côté sommeil, ce fut clairement plus limité, mais la prestation reflétait le prix payé pour le transport.
Arrivé sur Paris, je retrouvai instantanément mes réflexes mes réflexes de commuter confirmé (oui, je prends le vélo pour aller en cours, et alors ?) et remontai la ligne 3 de métro avec cet étrange sentiment de ne pas encore être recalé sur les mœurs du pays. Je doute par exemple qu’il y a deux mois, le premier mot me venant à l’esprit après avoir bousculé quelqu’un aurait été « Entschuldigung ».
Après des retrouvailles familiales émouvantes (j’ai failli pleurer), je profitai du fait que tout le monde ait vaqué à ses occupations professionnelles, scolaires ou vacationnelles pour rattraper les quelques heures desquelles ma nuit avait été sauvagement amputée. Alexandre me rejoignait ensuite, avant que nous n’allions tous deux voir Julien. Le trajet entre chez ses parents et son appart dans sa voiture de fonction fut juste épique, du fait de la conduite sportive (qu’il n’est apparemment pas capable de contenir, ce gros blaireau) et de ma position, allongé sur une grosse boîte en métal dans son coffre. Un repas avalé chacun de son côté, et après que j’aie pu dire bonjour à ses charmantes mère et sœur, Alex et moi rejoignîmes la chambre de Jérémy. L’occasion pour moi de croiser avec plaisir un Noir et sa copine (vu qu’elle lira probablement pas ça, si quelqu’un voulait bien transmettre ma demande en mariage à Axelle, merci), également invités. Insultés par la manière dont elle nous regardait de haut, nous mettions à terre une insolente bouteille de breuvage slave et retournions dans nos pénates à une heure honteusement peu avancée de la nuit. Je sais qu’il y en a qui bossent, mais quand même.
La journée du vendredi déjà conséquemment amputée par une matinée de sommeil (au demeurant mérité), j’avais tout juste le temps d’effectuer quelques opérations de maintenance informatique sur le PC familial (quand je me barre définitivement, je leur refourgue un Mac) avant de partir boire un café avec la divine Chloé (youpi) ; nous fûmes malheureusement rejoints par son copain (eurk) et Alex avant qu’elle ne parte tuer des enfants pour gagner sa vie. Pizzas offertes par Alex (merci mon amour) et gîte par Stéphane, nous sociabilisâmes vidéoludiquement avant de rejoindre la cave de Jérémy, où nous rejoignit Pierre. Un poker et quelques délires que je ne me risquerai pas à raconter ici plus tard, ce qui nous amenait à un horaire déjà moins honteux que celui de la veille, nous rentrions une fois de plus dans nos demeures bourgeoises.
Levé à l’aube le samedi (comprendre : avant midi), et après un déménagement d’armoire normande avec deux aimables voisins et amis, je profitai du temps de préparation du repas pour résoudre quelques problèmes de cœur, je retournai le ventre (délicieusement) plein chez Chloé et Stéphane pour passer plus de temps ensemble que celui d’un café. Un super après-midi plus tard, je me faisais virer au prétexte fallacieux de l’arrivée de prétendus invités (à d’autres) et rentrais aider ma petite Maman à déménager plein de gros trucs. Malgré les galères organisationnelles, nous parvînmes à un résultat d’entassage satisfaisant, ce qui me permettait de rejoindre Alex et Pierre dans une soirée de détente intellectuelle totale, faite de morts de terroristes et de meilleurs tours en course.
Le dimanche serait paternel. Arrivant intelligemment en fin de matinée (soit un bon 13h), c’était notamment l’occasion de revoir les deux adorables andouilles qui me servent de frère et sœur. Une fois ceux-ci bazardés dans diverses fêtes avec leurs copains respectifs, nous lézardâmes au soleil avec pour musique de fond du Boris Vian plus ou moins abîmé par une chorale de jeunes enfants. Je rentrais ensuite terminer de préparer mes affaires avant de me faire accompagner au train de nuit qui me ramènerait en Allemagne par les deux femmes de ma vie, Chloé et Alex.
Conclusion : merci à tous pour ce super WE. Vous m’aviez même pas manqué.
PS : une fois de plus, fuck la concordance des temps du passé
PS-2 : je fais des posts de 10 pages sur rien du tout si je veux
jeudi 18 juin 2009
Hallo, die Sonnenbri-ille, hallo, tu reviendras bientôt...
Il fait beau. Non, sans déconner, il fait beau. Alors que la raison voudrait que j’aille profiter de la vue à l’Englischergarten, ma conscience professionnelle me pousse à passer mes journées au boulot, laissant le soin à mon imagination de se représenter les joies de la vie extérieure. Je suis une nouvelle fois quelque peu désœuvré par ma velléité, les chances d’obtenir un banc d’essai avant la semaine prochaine tendant inexorablement vers le négatif, et entreprends donc la tâche passionnante consistant à rédiger mon rapport de stage. Alors que j’hésitais encore il y a peu entre l’anglais et l’allemand comme langue de rédaction, mon tuteur m’ayant laissé le choix, j’ai appris hier que l’ESTACA me forçait à faire celui de la facilité : les rapports des stages effectués en pays étrangers non-anglophones ne peuvent être écrits qu’en anglais ou en français. So, English it is. Vous me ferez penser à demander si les rapports pour les stages belges ou québecquois peuvent être écrits en anglais. Simple curiosité.
Rapport fermement engagé (j’ai trouvé un titre ainsi que la page Wikipedia de BMW), documentation du programme presque complète (si, si), programme entièrement commenté dans la langue de Rammstein, il me reste un peu de temps pour penser (la ferme). Sujet d’aujourd’hui : la condition sociale de l’ingénieur allemand. Si je précise « allemand », ce n’est pas tant parce que l’ingénieur français ou ouzbek a un mode de vie différent, que parce que mes observations sur ces derniers sont trop lacunaires pour permettre toute généralisation. Il est également important de préciser que cette analyse, en plus d’être totalement subjective, n’a strictement aucune valeur (et vice versa).
La fibre littéraire m’abandonnant sauvagement, voici une liste partiellement exhaustive de quelques traits observés chez tout ou partie de la population ingénieure de mon département. L’ingénieur allemand est donc :
1. Sympa ;
2. Doté d’un accent relou (souvent plus lié à sa nationalité ou région d’origine, mais nous serons d’accord pour dire que la Sociologie ne s’arrête pas forcément à ce genre de considération annexe) ;
3. Marié ou en passe de l’être ;
4. Parfois autrichien ;
5. Matinal ;
6. Assez peu adepte de la sortie entre collègues après le boulot (à moins que cela ne fasse partie des trucs que je ne comprends toujours pas dans leurs discussions, ce qui est tout à fait probable) ;
7. Détendu ;
8. Habillé (mais pas forcément classe).
Autant de traits qui le différencient notablement du balayeur hongrois et de la mante religieuse, et le rendent de fait si attachant. En attendant, j’vais voir de l’élève ingénieur français et effectuer une tentative de vie sociale.
PS : je n’ai rien de personnel contre la Belgique, le Québec, les Ouzbeks ou les Hongrois, et les comparaisons auraient certainement été aussi amusantes avec la Côte d’Ivoire, l’Algérie, un ingénieur Israélien et un balayeur camerounais, mais ces lâches substitutions me permettent de discrètement éviter de passer pour raciste et antisémite, ayant encore quelque difficulté à accepter ces deux traits majeurs de ma personnalité.
PS-2 : désolé de ne pas mieux tenir ce blog à jour, j'essaierai de faire un effort...
Rapport fermement engagé (j’ai trouvé un titre ainsi que la page Wikipedia de BMW), documentation du programme presque complète (si, si), programme entièrement commenté dans la langue de Rammstein, il me reste un peu de temps pour penser (la ferme). Sujet d’aujourd’hui : la condition sociale de l’ingénieur allemand. Si je précise « allemand », ce n’est pas tant parce que l’ingénieur français ou ouzbek a un mode de vie différent, que parce que mes observations sur ces derniers sont trop lacunaires pour permettre toute généralisation. Il est également important de préciser que cette analyse, en plus d’être totalement subjective, n’a strictement aucune valeur (et vice versa).
La fibre littéraire m’abandonnant sauvagement, voici une liste partiellement exhaustive de quelques traits observés chez tout ou partie de la population ingénieure de mon département. L’ingénieur allemand est donc :
1. Sympa ;
2. Doté d’un accent relou (souvent plus lié à sa nationalité ou région d’origine, mais nous serons d’accord pour dire que la Sociologie ne s’arrête pas forcément à ce genre de considération annexe) ;
3. Marié ou en passe de l’être ;
4. Parfois autrichien ;
5. Matinal ;
6. Assez peu adepte de la sortie entre collègues après le boulot (à moins que cela ne fasse partie des trucs que je ne comprends toujours pas dans leurs discussions, ce qui est tout à fait probable) ;
7. Détendu ;
8. Habillé (mais pas forcément classe).
Autant de traits qui le différencient notablement du balayeur hongrois et de la mante religieuse, et le rendent de fait si attachant. En attendant, j’vais voir de l’élève ingénieur français et effectuer une tentative de vie sociale.
PS : je n’ai rien de personnel contre la Belgique, le Québec, les Ouzbeks ou les Hongrois, et les comparaisons auraient certainement été aussi amusantes avec la Côte d’Ivoire, l’Algérie, un ingénieur Israélien et un balayeur camerounais, mais ces lâches substitutions me permettent de discrètement éviter de passer pour raciste et antisémite, ayant encore quelque difficulté à accepter ces deux traits majeurs de ma personnalité.
PS-2 : désolé de ne pas mieux tenir ce blog à jour, j'essaierai de faire un effort...
vendredi 5 juin 2009
mercredi 27 mai 2009
De la nécessité de prendre son temps
S'il m'est encore impossible de connaître l'influence précise (mais de toute manière existante) qu'a pu avoir Stéphane dans l'obtention de mon stage, je pense pouvoir dire qvec certitude que mon tuteur regrette son influençabilité (mais si çexiste) passagère. Il doit en effet lutter contre vents et marées depuis le début de la semaine pour tenter désespérément d'obtenir un peu de place sur un banc moteur afin que je puisse jouer avec mon programme en carton. Il récolte de ce fait, à n'en point douter, railleries et moqueries (oui, les deux à la fois) de la part de ses collègues. Donner du temps sur banc d'essai à un stagiaire, quoi. Autant laisser la fille de l'accueil faire les essais dynamiques sur véhicule.
Évidemment un peu (appréciez l'euphémisme) stressé à l'idée de travailler pour une marque aussi prestigieuse et sélective à l'amorce de mon stage, je jetai toute mon énergie dans ma mission dès qu'elle me fut assignée. Celle-ci faisant appel à des connaissances soit lointaines (systèmes linéaires, allemand...) soit quasi-inexistantes (programmation en C#, utilisation d'un clavier qwertz...), toute ma performance intellectuelle était nécessaire. Des cycles de sommeil prolongés et une utilisation limitée de ma boîte professionnelle à fins personnelles étaient donc de mise, tandis que je prenais peu à peu en main mon sujet et commençais à travailler dessus. Mon application sans relâche me valut donc de terminer plus tôt que prévu (je n'ai pas osé demander clairement de combien de temps, de peur de paraître plus prétentieux que je ne le suis déjà), en fin de semaine dernière (comprendre mercredi, le jeudi étant férié et le pont de rigueur).
Me voilà donc dans l'embarras le plus complet. Ayant d'une part mis mon tuteur pourtant si génial dans une situation fâcheuse, et d'autre part achevé la lecture de la thèse à la base de mon sujet et de la doc du logiciel de banc d'essai, je suis désoeuvré et rongé par la culpabilité. J'ai beau tenter d'apporter quelques touches de finition au programme, tenter d'en enrichir la doc (cela n'ayant qu'un intérêt modéré à l'aube de nouveaux changements suite aux essais sur banc), m'assurer que la fiche indiquant mes heures d'arrivée et de départ (finalement requise pour de probables questions d'assurance) est claire et à jour, feuilleter la documentation d'autres logiciels interagissant avec le banc d'essai (preuve s'il en est de mon désespoir), rien n'y fait. Et, ne vous y trompez pas, ce n'est pas tant l'ennui qui me pose problème (mon accès internet m'en protégeant sans peine) que le sentiment d'inutilité, frustrant au possible. Ma dernière idée en date est d'interroger mes collègues à proximité afin de savoir si mes services pourraient leur être d'une quelconque aide... J'hésite encore.
Ajout du soir (bonsoir) :
J'ai finalement, pour je ne sais quelle raison, eu une idée : optimiser le programme. Pour faire simple et éviter de barber tout le monde, j'ai remarqué qu'après 30 secondes d'utilisation, les opérations devenaient particulièrement lentes et le processeur tournait à pleine vitesse. J'ai donc un peu bidouillé l'ensemble pour réduire le nombre de calculs à faire à chaque itération et le bestiau peut maintenant tourner à l'infini (et au-delà) sans ralentir, tout en ne consommant que 1-2% des ressources d'un processeur en moyenne. Et ça c'est classe (ou pas).
Évidemment un peu (appréciez l'euphémisme) stressé à l'idée de travailler pour une marque aussi prestigieuse et sélective à l'amorce de mon stage, je jetai toute mon énergie dans ma mission dès qu'elle me fut assignée. Celle-ci faisant appel à des connaissances soit lointaines (systèmes linéaires, allemand...) soit quasi-inexistantes (programmation en C#, utilisation d'un clavier qwertz...), toute ma performance intellectuelle était nécessaire. Des cycles de sommeil prolongés et une utilisation limitée de ma boîte professionnelle à fins personnelles étaient donc de mise, tandis que je prenais peu à peu en main mon sujet et commençais à travailler dessus. Mon application sans relâche me valut donc de terminer plus tôt que prévu (je n'ai pas osé demander clairement de combien de temps, de peur de paraître plus prétentieux que je ne le suis déjà), en fin de semaine dernière (comprendre mercredi, le jeudi étant férié et le pont de rigueur).
Me voilà donc dans l'embarras le plus complet. Ayant d'une part mis mon tuteur pourtant si génial dans une situation fâcheuse, et d'autre part achevé la lecture de la thèse à la base de mon sujet et de la doc du logiciel de banc d'essai, je suis désoeuvré et rongé par la culpabilité. J'ai beau tenter d'apporter quelques touches de finition au programme, tenter d'en enrichir la doc (cela n'ayant qu'un intérêt modéré à l'aube de nouveaux changements suite aux essais sur banc), m'assurer que la fiche indiquant mes heures d'arrivée et de départ (finalement requise pour de probables questions d'assurance) est claire et à jour, feuilleter la documentation d'autres logiciels interagissant avec le banc d'essai (preuve s'il en est de mon désespoir), rien n'y fait. Et, ne vous y trompez pas, ce n'est pas tant l'ennui qui me pose problème (mon accès internet m'en protégeant sans peine) que le sentiment d'inutilité, frustrant au possible. Ma dernière idée en date est d'interroger mes collègues à proximité afin de savoir si mes services pourraient leur être d'une quelconque aide... J'hésite encore.
Ajout du soir (bonsoir) :
J'ai finalement, pour je ne sais quelle raison, eu une idée : optimiser le programme. Pour faire simple et éviter de barber tout le monde, j'ai remarqué qu'après 30 secondes d'utilisation, les opérations devenaient particulièrement lentes et le processeur tournait à pleine vitesse. J'ai donc un peu bidouillé l'ensemble pour réduire le nombre de calculs à faire à chaque itération et le bestiau peut maintenant tourner à l'infini (et au-delà) sans ralentir, tout en ne consommant que 1-2% des ressources d'un processeur en moyenne. Et ça c'est classe (ou pas).
dimanche 24 mai 2009
Manger, c'est bien
Quelle difficulté. Rassurer une maman ou des grands-parents inquiets (non, le papa ne l'est pas, ou alors il le cache) de son hygiène de vie alors qu'on part, seul, à 900 km et dans un pays étranger. Comment les persuader, que ce soit vrai ou non, qu'on sera capable de trouver à manger dans cette contrée hostile, de se laver, de se brosser les dents, de changer de chemise tous les jours, de ne pas se laisser embarquer par l'effet de groupe qui nous inciterait à boire des quantités déraisonnables de bière et à ne manger que des Wurst und Pommes Frites ? En particulier lorsqu'on montre, en France, une très forte inclination à ne pas appliquer systématiquement toutes ces règles pourtant élémentaires. C'est vrai quoi, se laver, c'est largement surfait.
Premier poste d'inquiétude : la nourriture. Surprise, malgré l'éloignement culturel et l'écart de niveau de vie entre les deux pays, les supermarchés allemands sont assez comparables aux supermarchés français, aux quelques détails évoqués précédemment près. Mieux, il n'est pas réellement nécessaire de parler le dialecte local pour acheter quoi que ce soit (mais ça je m'en fiche, je suis bilingue). Savoir qu'on est seul responsable de ce qui arrivera dans son assiette le soir joue également un rôle non négligeable non seulement dans la motivation pour aller faire les courses, mais aussi pour veiller à ce que l'on mange soit un tant soit peu équilibré. Autre aide au remplissage d'estomac, la Cantine BMW, qui se charge de cette tâche cinq midis par semaine. Si elle reprend le principe souvent utilisé en entreprise du self-service par "îlots thématiques" (steaks, pâtes...), on est ici au degré supérieur. S'étalant sur deux étages, elle a une capacité suffisante pour nourrir chaque jour plusieurs milliers de personnes et le fait bien : le nombre d'îlots est tout simplement démentiel. On y trouve, sans classement particulier et de manière pas forcément exhaustive, les îlots Wurst, Schnitzel (viande panée), Pizza, Pasta, Bavaria, Asia, Mediterranee, Mare (poiscaille), Steaks... Largement de quoi varier les plaisirs chaque jour et sauter de surprise en surprise. Surprises gustatives, que je ne me risquerai pas à détailler ici, mais aussi surprises tarifaires : lorsqu'on ne comprend pas le nom des plats (vous vous souvenez du "Suprême de volaille et sa sauce potagère" pour le poulet ketchup de la cantine ? c'est pareil), on peut aussi bien payer 2.5€ que 5.5€ sans comprendre pourquoi.
Tout aussi surprenant est le naturel avec lequel la vie solitaire m'aura rappelé que le linge ne saute pas seul du panier à la machine à laver et de la machine à laver à l'étendoir. Probablement la sélection naturelle et l'instinct de survie dans leurs œuvres. Cependant, et j'en suis désolé, l'air étranger ne me rend pas plus adepte du sommeil que je ne l'étais en France (j'ai failli tenter "somnanphile" mais je le sentais pas). Les WE sont donc salutaires lorsqu'il s'agit de récupérer de la fatigue de la semaine. Que les (grands-)parents se rassurent, cela ne m'empêche pas de bosser à un rythme qui semble satisfaire mes responsables.
J'ai abordé la question de la bière avec une vision nettement plus anthropologiste : afin d'observer fidèlement les us et coutumes d'un peuple, il est important, sinon nécessaire, de se fondre dans la Maß (huhu). C'est donc avec application que je m'attache à suivre le rythme imposé par la culture locale lors de chacune de mes sorties, pour le plus grand plaisir de mes papilles. Je m'y attache avec d'autant moins d'arrières pensées que j'ai en apparence, certainement à cause d'une trop grande application à suivre les conseils diététiques de mes ainés, perdu du poids lors de mes premières semaines d'expatriation. Chacun sachant que cela est particulièrement dangereux pour la santé, je m'applique donc, depuis l'établissement de ce constat alarmant, à respecter un régime assurant un prompt retour à la normale.
La seule conclusion possible à tout cela est évidemment la suivante : je vais très bien, et vous ?
Premier poste d'inquiétude : la nourriture. Surprise, malgré l'éloignement culturel et l'écart de niveau de vie entre les deux pays, les supermarchés allemands sont assez comparables aux supermarchés français, aux quelques détails évoqués précédemment près. Mieux, il n'est pas réellement nécessaire de parler le dialecte local pour acheter quoi que ce soit (mais ça je m'en fiche, je suis bilingue). Savoir qu'on est seul responsable de ce qui arrivera dans son assiette le soir joue également un rôle non négligeable non seulement dans la motivation pour aller faire les courses, mais aussi pour veiller à ce que l'on mange soit un tant soit peu équilibré. Autre aide au remplissage d'estomac, la Cantine BMW, qui se charge de cette tâche cinq midis par semaine. Si elle reprend le principe souvent utilisé en entreprise du self-service par "îlots thématiques" (steaks, pâtes...), on est ici au degré supérieur. S'étalant sur deux étages, elle a une capacité suffisante pour nourrir chaque jour plusieurs milliers de personnes et le fait bien : le nombre d'îlots est tout simplement démentiel. On y trouve, sans classement particulier et de manière pas forcément exhaustive, les îlots Wurst, Schnitzel (viande panée), Pizza, Pasta, Bavaria, Asia, Mediterranee, Mare (poiscaille), Steaks... Largement de quoi varier les plaisirs chaque jour et sauter de surprise en surprise. Surprises gustatives, que je ne me risquerai pas à détailler ici, mais aussi surprises tarifaires : lorsqu'on ne comprend pas le nom des plats (vous vous souvenez du "Suprême de volaille et sa sauce potagère" pour le poulet ketchup de la cantine ? c'est pareil), on peut aussi bien payer 2.5€ que 5.5€ sans comprendre pourquoi.
Tout aussi surprenant est le naturel avec lequel la vie solitaire m'aura rappelé que le linge ne saute pas seul du panier à la machine à laver et de la machine à laver à l'étendoir. Probablement la sélection naturelle et l'instinct de survie dans leurs œuvres. Cependant, et j'en suis désolé, l'air étranger ne me rend pas plus adepte du sommeil que je ne l'étais en France (j'ai failli tenter "somnanphile" mais je le sentais pas). Les WE sont donc salutaires lorsqu'il s'agit de récupérer de la fatigue de la semaine. Que les (grands-)parents se rassurent, cela ne m'empêche pas de bosser à un rythme qui semble satisfaire mes responsables.
J'ai abordé la question de la bière avec une vision nettement plus anthropologiste : afin d'observer fidèlement les us et coutumes d'un peuple, il est important, sinon nécessaire, de se fondre dans la Maß (huhu). C'est donc avec application que je m'attache à suivre le rythme imposé par la culture locale lors de chacune de mes sorties, pour le plus grand plaisir de mes papilles. Je m'y attache avec d'autant moins d'arrières pensées que j'ai en apparence, certainement à cause d'une trop grande application à suivre les conseils diététiques de mes ainés, perdu du poids lors de mes premières semaines d'expatriation. Chacun sachant que cela est particulièrement dangereux pour la santé, je m'applique donc, depuis l'établissement de ce constat alarmant, à respecter un régime assurant un prompt retour à la normale.
La seule conclusion possible à tout cela est évidemment la suivante : je vais très bien, et vous ?
samedi 16 mai 2009
Afterworks by Munich
Avec ses, si l'on en croit Wikipedia, près de 25 % d'étrangers, Munich n'est pas exactement renfermée sur elle-même. Il n'est pas rare de croiser anglophones, mais aussi francophones au détour d'une rue ou dans le U-Bahn. Cependant, un endroit qui en renferme certainement bien plus qu'ailleurs est l'Office Européen des Brevets, que d'audacieux francophobes nomment également European Patent Office. Pour le constater, rien de tel qu'une petite soirée "Afterworks", organisée sur place, un jeudi. La réponse à la question "Comment m'y suis-je retrouvé ?" n'a pas de rapport direct avec le fait qu'il y ait eu de la lumière et que la porte soit ouverte. Quoique...
Ce qui est bien, quand ton cursus scolaire t'oblige à acquérir une expérience à l'étranger, c'est qu'il oblige également les autres élèves à la faire. Forcément, quand on travaille dans l'automobile, on réduit en plus assez vite le nombre de destinations intéressantes, ou en tout cas on les oriente assez naturellement. Vers l'Allemagne, par exemple. C'est donc une semaine avant mon départ que j'ai appris que Maxime (que nous appellerons par la suite Bob pour conserver son anonymat), avec qui j'étais en cours jusqu'à l'an dernier avant qu'il ne parte à Laval, effectue un stage à Munich sur les mêmes périodes que moi. Alors que nous nous tenions au courant de l'avancée de nos stages respectifs, celui-ci me proposait donc mercredi de le rejoindre le lendemain au Skybar de l'OEB, où se tenait la soirée précédemment évoquée. Après avoir constaté sur le chemin, non sans amusement, qu'une VW Polo (paix à son âme) est définitivement moins solide qu'un Mercedes ML (il faudra refaire la peinture du pare-choc arrière), un merci à la pluie, nous y retrouvions une de ses amies de collège, dont le copain (allemand, lui, mais parlant un français absolument irréprochable) travaille sur place, ainsi que quelques autres Français. La communication n'étant pas passée de manière optimale (conditions météo, pays sous-développé, toussa), ma présence n'était pas attendue, mais le scepticisme ambiant est vite noyé dans la bonne entente ('tain c'est beau ce que je dis).
Ce qui frappe en premier lieu est le nombre invraisemblable de Français réunis dans la même salle. On parle, selon les préférences de chacun, français, allemand ou anglais, et il n'est pas rare de s'adresser à quelqu'un dans une de ces trois langues et qu'il nous réponde dans une autre. La soirée se passe (évidemment) bien, toute la bière et les hot dogs nécessaires à la survie de l'humanité étant également de la partie. La grosse vexation sera pour moi, à n'en point douter, de constater que mon accent est encore tellement mauvais que le serveur (pas francophone pour un sou) doit me faire répéter "Weissbier". Ok, c'est bruyant, mais bon...
Ayant surmonté cette angoisse linguistique, je reprends donc la conversation en français avec mon groupe, avant de devoir faire face à un nouvel affront, peut-être plus grave encore que le premier : les deux Allemands qui sont avec nous connaissent, sans aucun doute possible, mieux les répliques des Bronzés que moi. Bien que me sachant loin d'être un expert en la matière, j'espérais pouvoir faire illusion à Munich. Peine perdue, visiblement.
La soirée ne présente pas d'autre événement farfelu qui mérite d'être relaté dans ces lignes, sinon l'arrivée d'Anne-Laure, peu avant que Bob et moi ne partions, demoiselle des plus sociables qui vient, pour une raison encore inconnue, chercher conseil auprès de nous en matière de cocktails. Une intervention qui serait passée inaperçue si la jeune femme n'était pas aussi jolie. De quoi convertir aux grandes blondes sans coup férir le plus ardent défenseur des petites brunes.
La fête ayant commencé tôt (18h30, right after ze work) et commençant à se tasser, nous la quittons un peu avant 22h30 pour regagner nos pénates. Un bon moment, au final, qui nous aura permis, à défaut de rester dans annales, de ne pas rester cloîtrés chez nous en semaine. A répéter le moins souvent possible, cependant, la pratique du français y étant bien trop développée pour pouvoir décemment progresser en allemand.
D'ailleurs, faudrait aussi que j'arrête d'écrire en français. Ce que je fais maintenant. Prochain message en allemand.
Ce qui est bien, quand ton cursus scolaire t'oblige à acquérir une expérience à l'étranger, c'est qu'il oblige également les autres élèves à la faire. Forcément, quand on travaille dans l'automobile, on réduit en plus assez vite le nombre de destinations intéressantes, ou en tout cas on les oriente assez naturellement. Vers l'Allemagne, par exemple. C'est donc une semaine avant mon départ que j'ai appris que Maxime (que nous appellerons par la suite Bob pour conserver son anonymat), avec qui j'étais en cours jusqu'à l'an dernier avant qu'il ne parte à Laval, effectue un stage à Munich sur les mêmes périodes que moi. Alors que nous nous tenions au courant de l'avancée de nos stages respectifs, celui-ci me proposait donc mercredi de le rejoindre le lendemain au Skybar de l'OEB, où se tenait la soirée précédemment évoquée. Après avoir constaté sur le chemin, non sans amusement, qu'une VW Polo (paix à son âme) est définitivement moins solide qu'un Mercedes ML (il faudra refaire la peinture du pare-choc arrière), un merci à la pluie, nous y retrouvions une de ses amies de collège, dont le copain (allemand, lui, mais parlant un français absolument irréprochable) travaille sur place, ainsi que quelques autres Français. La communication n'étant pas passée de manière optimale (conditions météo, pays sous-développé, toussa), ma présence n'était pas attendue, mais le scepticisme ambiant est vite noyé dans la bonne entente ('tain c'est beau ce que je dis).
Ce qui frappe en premier lieu est le nombre invraisemblable de Français réunis dans la même salle. On parle, selon les préférences de chacun, français, allemand ou anglais, et il n'est pas rare de s'adresser à quelqu'un dans une de ces trois langues et qu'il nous réponde dans une autre. La soirée se passe (évidemment) bien, toute la bière et les hot dogs nécessaires à la survie de l'humanité étant également de la partie. La grosse vexation sera pour moi, à n'en point douter, de constater que mon accent est encore tellement mauvais que le serveur (pas francophone pour un sou) doit me faire répéter "Weissbier". Ok, c'est bruyant, mais bon...
Ayant surmonté cette angoisse linguistique, je reprends donc la conversation en français avec mon groupe, avant de devoir faire face à un nouvel affront, peut-être plus grave encore que le premier : les deux Allemands qui sont avec nous connaissent, sans aucun doute possible, mieux les répliques des Bronzés que moi. Bien que me sachant loin d'être un expert en la matière, j'espérais pouvoir faire illusion à Munich. Peine perdue, visiblement.
La soirée ne présente pas d'autre événement farfelu qui mérite d'être relaté dans ces lignes, sinon l'arrivée d'Anne-Laure, peu avant que Bob et moi ne partions, demoiselle des plus sociables qui vient, pour une raison encore inconnue, chercher conseil auprès de nous en matière de cocktails. Une intervention qui serait passée inaperçue si la jeune femme n'était pas aussi jolie. De quoi convertir aux grandes blondes sans coup férir le plus ardent défenseur des petites brunes.
La fête ayant commencé tôt (18h30, right after ze work) et commençant à se tasser, nous la quittons un peu avant 22h30 pour regagner nos pénates. Un bon moment, au final, qui nous aura permis, à défaut de rester dans annales, de ne pas rester cloîtrés chez nous en semaine. A répéter le moins souvent possible, cependant, la pratique du français y étant bien trop développée pour pouvoir décemment progresser en allemand.
D'ailleurs, faudrait aussi que j'arrête d'écrire en français. Ce que je fais maintenant. Prochain message en allemand.
mercredi 13 mai 2009
Second dimanche de tourisme
Toujours à l'écoute des sages paroles parentales, je profitai de ce dimanche pour conserver un rythme de sommeil régulier et comparable à celui du reste de ma semaine. Après un petit-déjeuner pris en 10 minutes, je sorti vers 14h pour rejoindre Josh et Maria, qui m'avaient proposé la veille de me faire faire une visite touristique du centre de Munich. Notre matinée commençait donc à 14h30 près de la petite fontaine de Marienplatz. Cette place est majestueusement entourée des bâtiments anciens, tels que l'ancienne mairie, la nouvelle mairie, plusieurs glaciers et l'Apple Store, mais mon instinct de touriste m'avait malheureusement abandonné ce jour-là : mon appareil photo était resté dans ma chambre. La journée serait donc faite de souvenirs à coucher sur papier et de photos de téléphone portable.
Ce constat d'impuissance photographique fait, notre première étape fut fort logiquement le glacier le plus proche, qui, à raison d'un euro par boule, proposait non seulement d'excellentes glaces, mais, selon ma guide germanique, était également un des plus chers qu'il soit possible de trouver. Tant mieux. Nous partions alors vers le Nord en direction d'Odeonsplatz, croisant différents trucs culturels, comme le Théâtre National ou l'Eglise (jaune) de St Kajetan, avant de nous engager dans le Hofgarten, joli jardin ombragé daté Renaissance par Maître Wikipédia.
Lassés par tant d'Histoire architecturelle (je sais comment s'écrit ce mot en temps normal, merci Claire), nous enchaînions avec l'Englischer Garten, dans lequel la parole était plus donnée aux arbres qu'aux bâtiments. En plus d'être particulièrement frais et plaisant, ce jardin a l'avantage non négligeable de permettre l'observation de phénomènes culturels amusants. Et je ne veux pas parler des taxi-vélos, qui vous proposent une balade reposante à travers la forêt, ni de cette fâcheuse tendance qu'ont les Allemands à parler leur langue, mais bien de la nudité. D'immenses étendues d'herbes permettent en effet au chaland de s'étendre au Soleil ; si la plupart d'entre eux sont habillés ou torse nu, il est également possible d'observer certains comportements assez peu pudiques. Tout en montrant son dégoût pour la chose (sans blague...), Maria m'explique qu'il ne s'agit pas là d'un phénomène isolé et que les Suisses sont dans une situation problématique, de nombreux Allemands venant randonner nus l'été dans leur partie des Alpes. A tel point que des lois seraient sur le point d'être passées pour lutter contre cette mode assez particulière ; bien que, avouons-le, preuve d'une grande capacité communion avec la Nature.
Tout juste remis de tant d'émotions, mon sens de la normalité prenait quelques instants après un deuxième coup dans la tronche lorsque nous croisions la route d'un homme en combinaison de plongée, trempé, portant sous le bras une planche de surf. Ayant encore en mémoire le conseil de mes guides consistant à rester loin de l'eau coulant le long du chemin, glaciale quel que soit le temps où la saison, car provenant de la fonte des glaciers, je découvrais donc au bout d'une allée le "point de surf" de Munich. Imaginez : une arrivée d'eau à fort débit rencontrant des rochers, créant ainsi une vague de bonne taille qui permet aux surfeurs, confirmés ou débutants, de venir s'amuser en pleine Bavière. Rafraîchissant.
Tant d'émotions consécutives devaient inévitablement mener au réconfort, et Josh et Maria se mettaient donc en quête d'un Biergarten sympa près d'un lac auquel Josh avec déjà eu l'occasion de boire un "verre". Délaissant celui trônant au pied de la Tour Chinoise (une pagode circulaire dans laquelle un orchestre jouait de la musique bavaroise... ça ne s'invente pas), nous atteignons l'extrémité opposée du parc par rapport à notre point d'entrée et nous asseyons donc à l'ombre des arbres et au bord d'un grand lac. Mais avant ce repos bien mérité, je dû nécessairement passer par l'étape de la découverte des Biergarten. Le petit guide touristique qui m'avait été offert avant mon départ faisait état de grandes tables façon pique-nique auxquelles il est possible de s'asseoir avec sa propre nourriture si souhaité et près desquelles il est possible de commander de la bière à bas prix. En termes moins policés, parlons d'un truc immense où il est interdit de s'asseoir sans chope sous peine de passer pour un blaireau (ou, pire, quelqu'un de sobre), ladite bière n'étant servie que par pintes ou "Mass", soit 0.5L ou 1L ; différents repas à base de Wurst und Pommes Frites sont également proposés. Ici, comme souvent en Bavière, seuls trois choix s'offrent au soiffard : la Weiss (blanche), Helles (blonde) ou le Radler (blonde-limonade). D'abord quelque peu réservé quant à l'idée de boire un panaché, je me décidai finalement à opter pour ce fameux Radler, dont le dosage (1/4 limonade - 3/4 bière) me plaisait nettement plus que celui pratiqué en France, où le panaché n'est bien souvent même pas considéré comme un alcool en supermarchés. Me voyant Mass et bretzel à la main, Josh et sa pertinence imparable me faisaient remarquer qu'une photo était inévitable. Les dieux de la photographie étant cependant contre moi en ce dimanche pourtant ensoleillé, mes yeux sont fermés sur ce qui aurait pu être une des photos les plus classes que j'aie de moi.
C'est con, il va falloir la refaire...
PS : Désolé pour les mélanges d'imparfait et de passé simple, j'ai pas mal hésité et finalement j'ai pas fait de choix. Mort à la concordance des temps.
PS-2 : Comme c'est demandé gentiment, je joins la photo.
dimanche 10 mai 2009
Soirée débauche
Ma première soirée à Munich !
Joshua (mon coloc', pour ceux qui suivent pas) m'a proposé jeudi de venir à une soirée le samedi soir, à laquelle il était prévu qu'il aille avec sa copine et des amis à lui. Thème central de la soirée : les 5 ans d'une paroisse au centre de Munich, pas loin de la place qui accueille chaque année l'Oktoberfest. Vous avez bien lu, c'est une fête paroissiale. Après avoir ressenti le même blocage que vous, je me laisse convaincre par la promesse de bières, barbecue, de musique et de population. Pas de raison que les Chrétiens allemands sachent pas s'amuser, a priori.
Le rendez-vous étant donné à 18h30, on se pointe donc sur place à un bon 19h, amenant notre viande que de très aimables bénévoles font griller pour nous sur les barbecues alignés le long d'une étendue d'herbe. Différentes salades de pâtes et autres trucs verts sont en libre service (merci aux cuisiniers, d'ailleurs) et les pintes sont à 2.5€. Tout est donc prêt pour que je fasse la connaissance de Maria, demoiselle pour qui Josh' a parcouru un bon petit 20 000 km et de Robert (si, si... ça passe mieux quand on prononce "robèrte", cela dit), collègue de bureau de Joshua. Ils sont tous deux super sympa et je donne quelques conseils à Bob pour améliorer son français (abominable) après qu'il nous ait longuement raconté la perte de ses rollers à un Biergarten plus tôt dans la journée. Pour plus d'explications sur les Biergarten, il faudra attendre que j'accouche de l'histoire de ce dimanche.
C'est alors que vient l'heure du concert de la soirée, 21h. Nous nous retrouvons donc assis dans ce qui semble être une salle de spectacle et attendons patiemment le clou de la soirée. Après un petit discours fait par deux hôtes enjoués (un peu comme les mecs qui présentent la musique sur M6 à 6h du matin, si vous voyez l'idée : humour pourri, jeunes bigarrés, frais et bien formés), qui nous remercient pour notre présence et lâchent quelques vannes, avant de laisser la place à la musique. Entre donc en scène un groupe de rock bâti sur le même modèle, qui nous assène une sorte de chanson de pseudo-pop-rock ultra-standard. Ils chauffent la salle, font lever tout le monde, taper dans les mains, c'est l'euphorie. C'est marrant, en plus sur l'écran derrière eux, y a les paroles (attention, traduction de haute volée) :
"Tu es ma raison d'exister, pour toi je traverserais les montagnes, je soulèverais le Monde
Quand je pense à toi je veux danser
Quand je pense à toi je veux t'aimer
Quand je pense à toi je veux chanter"
Il se peut qu'une partie du message philosophique se soit échappée en route, mais vous avez là droit à l'idée centrale : chanson d'amour miteuse avec paroles à jeter par la fenêtre. Et là, c'est le drame. Peut-être en avais-je manqué les signes avant-coureurs, mais le paragraphe suivant me fait retenir un gros "oh putain les cons" :
"Toi qui n'es qu'amour, tu me fais exister
Ta seule pensée me permet d'espérer"
Gros blanc intérieur.
"Seigneur Jésus nous te célébrons blablabla"
Mon seul réconfort à ce moment est la présence de Robert à ma gauche, qui semble aussi dégoûté que moi. Ecouter de la musique de merde passe encore, mais quand elle est utilisée comme vecteur religieux, ça devient vraiment violent pour les oreilles. Une ou deux chansons plus tard, entre en scène des danseuses classico-hip-hop qui nous délivrent une performance tout à fait sympathique et ont le mérite de la boucler.
Alors que je pensais avoir survécu au pire, un mec vient alors remplacer le groupe de danseuses et commence à nous expliquer ce qu'est Dieu. Micro-trottoir dans Munich, tous les passants ont la parole. "C'est un guide" "C'est de la merde" "Je n'y crois pas" "C'est un moyen d'unir les peuples". A défaut d'être intéressant, c'est honnête : tous les avis sont transmis. Notre télévangliste de bas-étage nous explique donc à grand renfort d'accessoires en carton que Dieu n'est pas quelqu'un qui te dit quoi faire de ta vie, ou quelqu'un qui doit tout faire pour nous, mais que blabla et que ce qui le différencie de l'Homme est sa capacité infinie à pardonner sans rien attendre en retour et blabla. Vous pouvez remplacer les "blabla" par les moments où je me suis réellement endormi sur ma chaise, malgré ma bonne nuit de sommeil de la veille.
Retour des deux guignols du début qui offrent un saut en parachute au gagnant d'un concours ayant eu lieu plus tôt dans la soirée, dernière chanson de nos amis rockeurs (encore plus niaise que les précédentes, si cela était possible) et nous quittons enfin la salle, 22h30 passés. L'entrée du bâtiment où nous sommes, juste derrière le Musée des Transports de Munich, s'est transformée en une sorte de boîte de nuit et de la musique aussi bruyante que mauvaise sort des grosses enceintes que Josh' a aidé à installer plus tôt dans la journée. Une pinte, une victoire face à notre ingé son sur la PS3 installée à l'étage et quelques bavardages plus tard, nous tombons d'accord sur le côté insupportable de la musique et décidons de quitter les lieux, un peu après minuit.
Au final, même si ça ne transparaît pas à travers le côté un brin cynique de ce message, j'ai passé une soirée très sympa. Le barbecue y est certainement pour beaucoup, la vision du boss de Joshua et Robert et de son accoutrement juste fabuleux (pantalon vert à motifs bizarres, ceinture avec un gros smiley jaune, veste en cuir, chaînes pendantes et crâne chauve) également, mais aussi le simple fait que Joshua ait réellement tenu à ce que je m'amuse. Si je ne lui avais pas forcé la main, je n'aurais certainement rien payé ce soir-là. Parler, justement, de ce type de rassemblement avec Maria était aussi très intéressant. Complètement blasés par des messes à crever d'ennuis, ils préfèrent cette manière de célébrer la foi, qui me rappelle d'ailleurs un peu ce qui se fait aux Etats-Unis. Sans pour autant y adhérer, je peux parfaitement comprendre : ce n'est pas plus niais qu'une messe et il y a un peu plus de patate. Je me suis tout de même retenu, de façon un peu hypocrite, de partager mon avis complet sur l'idée, tant pour que Joshua sache que la soirée m'a plu que par respect pour leurs croyances.
Après tout, une paroisse dans laquelle ne boire qu'un litre de bière dans la soirée fait petit joueur ne peut, au fond, pas être si mauvaise que ça...
mercredi 6 mai 2009
Random facts about Munich
Déjà, je mets mon titre de post dans la langue que je veux. Merci.
Faute d'aventures palpitantes aujourd'hui, je vous propose une petite liste de trucs que j'ai relevés depuis mon arrivée à Munich. Inutiles pour la plupart, ils sont une sorte de compilation de toutes ces petites remarques qu'on se fait au jour le jour et qu'on aurait sorties à voix haute, si on avait quelqu'un susceptible de les comprendre et/ou de les trouver drôles à proximité. Et cherchez pas, y a pas de classement, même pas chronologique :
- Les McDo d'Allemagne ne prennent pas la carte bancaire. Comme à peu près partout ici.
- Pas besoin de justificatif de domicile pour obtenir une attestation permettant d'être imposé (la fameuse Lohnsteuerkarte, cherchez pas à comprendre le principe)
- Pas de réseau dans le métro. Paysans.
- Un U-Bahn toutes les 10 minutes exactement, un S-Bahn toutes les 20 minutes. Excellente synchro des horaires pour les correspondances.
- Il pleut et je suis en costard, merci pour le parapluie Brunhilde !
- Les yaourts se vendent par pack de quatre maxi, mais principalement à l'unité. Et cher.
- La viande est chère et pas forcément terrible. Même les saucisses. A confirmer en allant faire mes courses chez Aldi (next assignment).
- Ecologie toujours : les portes tournantes donnant sur le grand hall trop classe du BMW FIZ sont manuelles. Et difficiles. Je suis quasi persuadé qu'ils alimentent la moitié du complexe avec l'énergie créée par les personnes qui entrent et sortent.
- Le Chinoallemand du bureau face au mien fait des bruits bizarres avec sa bouche et a un accent encore pire que le mien.
- BMW : Bisschen Musst Warten. Le pire, c'est que j'ai ri. Merci Stéphane.
- Le Chinoallemand vient de m'expliquer comment fonctionne un lave-vaisselle. Merci mec.
- L'arrière-salle avec la super machine à café top-moderne possède aussi une cuisine équipée : évier, plaques de cuissons, lave-vaisselle, placards. Classe.
- C'est officiel, les Allemands sont 6.7% plus gros que les Français. C'est Otis qui le dit : 800 kg = 10 personnes.
- Boire de la bière au bureau, c'est normal. Laisser traîner les bouteilles aussi.
- Quasiment toutes les bouteilles sont consignées. Sympa. (Et oui, j'ai fait le lien avec les bouteilles qui traînent, merci.)
- Le KreisVerwaltungsReferat de Munich de délivre pas de Lohnsteuerkarte aux habitants d'Oberschleissheim. Pas bête. Ou comment perdre 45 minutes et passer pour un blaireau devant un employé municipal (et ça, c'est fort, qui plus est quand ledit employé semble à la fois sympa et pas trop con).
- Il est possible d'acheter des parapluies à moins de 2€ et des paquets de clopes en distributeur pour 4€.
Joyeux Noël.
lundi 4 mai 2009
1er jour chez BMW
Souhaitant absolument passer une bonne nuit de sommeil avant d'entamer un premier jour de boulot s'annonçant éprouvant, je décidai dimanche de me coucher à minuit et de me lever à 7h30. 7h30 de sommeil, une heure pour me préparer (costume + rasage artistique), une heure pour arriver au bureau des ressources humaines de BMW avec une bonne marge, le plan parfait. Exécuté d'une main de maître, comme il se doit : couché à 1h du matin, levé à 7h45, parti à 8h50, tout juste à l'heure sur place, à la bourre dans le bureau désiré, le temps de le trouver. Bienvenue dans mon monde.
Après une bonne grosse demi-heure à lire, signer et remplir des documents desquels je comprends la moitié du contenu (je remercie encore le gentil RH pour sa patience...), je repars de là soulagé (on ne m'a pas parlé d'éventuels problèmes d'assurance pour le travail) et avec sous le bras une liste de papiers aux noms à peu près aussi longs que le membre utilisé pour les porter. En tête de liste, apprenez en exclusivité mondiale que je me rendrai demain à l'aube au Kreisverwaltungreferat pour chercher une Lohnsteuerkarte (ça va encore) et une Freizügigkeitsbescheinigung. Sans déconner.
Quelques stations de U-Bahn plus loin et me voilà à mon futur lieu de travail, le BMW Forschungs- und Innovationzentrum (FIZ pour les intimes). Après avoir négocié un badge de visiteur en échange de mon passeport (j'ai été fort là, j'ai été fort...), j'attends patiemment mon tuteur dans le hall top-moderne du bâtiment. Un bon moment plus tard, ce n'est pas mon tuteur mais un vieux rieur façon "Wurst, Bier und Kartoffeln" qui me dit se prénommer Kai-Uwe Michaelis. L'accent n'aidant pas, il faudra que j'attende deux bonnes heures avant d'apprendre que son prénom n'est pas Michael et une de plus pour en connaître l'orthographe exact. Alors que nous bavardons, Michael m'amène donc à ce qui sera mon bureau pour les cinq prochains mois. C'est vaste, c'est propre, et apparemment les tiroirs sont encore pleins des affaires de mon prédécesseur à cette place. Cela semble en tout cas beaucoup faire rire mon guide et Christian, ingénieur du bureau d'à côté qui s'est joint à nous. A moins que ce ne soit le fait qu'ils n'arrivent pas à se connecter à l'interface sécurisée de mon ordinateur... Amateurs.
Alors que les deux Abitur +7 ont tout juste réussi à démarrer mon PC, arrive mon tuteur, Alexander Vogel (Alex pour les amis et pour les dames), qui était occupé sur un banc d'essai. Le temps de quelques politesses et voilà qu'apparaît mon bienfaiteur, Stéphane. En l'espace de 30 secondes, exploit d'une vie, j'ai réussi à parler à trois interlocuteurs différents en trois langues différentes. Chaud comme la braise, je me prépare psychologiquement à tabasser ce record nouvellement établi et à parler en viet' à mon voisin de bureau, mais celui-ci semble avoir déserté. Je comprends que nous sommes déjà à l'heure du repas et qu'on m'invite à aller me restaurer. En même temps, Stéphane me parle en français. Ca aide.
Tout juste remis du torticolis causé par un X5-M (V10, 500ch et des briquettes), dont l'agressivité de la calandre ferait passer les caisses de Fast and Furious pour des berlines françaises, et rassasié à grand coups de Wurst und Pommes Frites (en français dans le texte), je suis Stéphane à un des étages de bancs d'essai. L'heure et demi s'en suivant, bien que passionnante pour ceux s'intéressant un tant soit peu à l'automobile, est malheureusement classée secret défense et ne sera pas détaillée. J'ai droit à une présentation de l'ensemble des outils de monitoring (sur 6 écrans accolés, 4 PC, autant de claviers et de souris) et de deux moteurs pas encore disponibles. L'un d'entre eux devrait être dans les voitures d'ici septembre, tandis que l'autre ne sera pas là avant 18 à 24 mois. Mais la plupart d'entre vous s'en tamponne.
De retour à mon bureau, Alex et Kai-Uwe (haha ! Stéphane a vendu la mèche, tu fais moins le malin maintenant que j'ai compris ton prénom, hein ?) m'entraînent dans une salle de réunion pour m'expliquer le sujet de mon stage. Pour faire simple et n'endormir personne, il s'agira de rendre plus réactifs les capteurs utilisés dans les bancs d'essais afin de gagner du temps en mesures. A défaut de sonner glamour, le sujet pourrait être intéressant et me permettra dans tous les cas de squatter chez BMW pour les cinq mois à venir. Et maintenant, je retourne au rapport de stage du stagiaire qui a commencé le boulot. En Allemand, oui madame.
dimanche 3 mai 2009
Première ballade dans Munich
Levé à l'aube en ce beau dimanche de mai, soit un bon 11h45, je me prépare psychologiquement à une journée de reconnaissance et de tourisme dans Munich.
- Mission principale : ne pas se retrouver comme un imbécile à chercher son chemin demain matin pour son premier jour de boulot.
- Mission secondaire : glander.
Une fois réveillé et repu (conseil : les salades de pomme de terre toutes prêtes allemandes n'ont rien à voir avec leurs homologues françaises. Fuyez-les. Ou prenez les 850 g qui me restent dans mon frigo.), me voilà sur le chemin de la gare. Il fait beau, les oiseaux chantent, les filles diminuent leur surface de vêtements et le caissier de la gare a un accent encore pire que celui de mon propriétaire. Je comprends quand même que je peux m'asseoir sur les tarifs étudiants, tant que je n'aurai pas eu un papier de BMW attestant que je suis bien stagiaire chez eux.
Après avoir semé un hippie suspect qui me suivait depuis 4 stations de U-Bahn, je descends à Olympiazentrum, qui, comme son nom l'indique, est collée au site Olympique de Munich. Le bâtiment des RH de BMW repéré, je m'intéresse à la construction néo-gothico-moderne, particulièrement discrète, qui arbore un joli "BMW Welt". A moins de se faire renverser par un des agents de sécurité en Segway (c'est pas la crise pour tout le monde apparemment), l'entrée est totalement gratuite et le touriste émerveillé peut venir rêver librement.
Deux choses frappent immédiatement. D'abord la température, fixée par la clim' autour des 24-25° et donc parfaitement normale. La même scène aux Etats-Unis aurait demandé aux visiteurs de revêtir des blousons de ski. Les bébés phoques remercient la Bayerische Motoren Werke. Ensuite, la classe de l'ensemble. On a l'impression de se retrouver dans un Mondial de l'Auto permanent, évidemment voué à la gloire de BMW. Les modèles les plus récents et les plus classes sont exposés, ainsi qu'un coin promouvant toutes les dernières technologies de la marque, activités ludiques et didactiques à l'appui. Efficace et amusant, une vraie leçon donnée à la concurrence.
En sortant de ce très beau stand publicitaire, on tombe nez à nez avec la tour BMW, sobre immeuble de 100m de haut censé évoquer la forme d'un "4 cylindres" (l'architecte n'y connaissait clairement rien, mais ça a le mérite d'en jeter). Deux-trois photos plus loin, je me trouve à flâner dans l'Olympiapark, léchant sensuellement une glace italienne payée 1€ à un distributeur automatique (ceux que le système intriguent n'ont qu'à venir voir). Outre l'abondance de verdure et de bonne humeur, ce parc est certainement le seul au monde à faire se côtoyer Snoop Dogg, André Rieux et Boris Becker, tous trois ayant parmi tant d'autres (Deep Purple, Alice Cooper, Albator, Sarah Connor...) laissé leurs traces de mains le long d'un étang.
Un petit passage sur la Rotkreuzplatz, un McDo et une vieille dame renversée plus tard, je reviens à la case départ, bien décidé à écrire un truc hyper-long pour ne pas stresser en pensant à la journée qui m'attend demain...
Les photos de la journée sont toujours dispo par ici. Ou par là. Pfff, je sais plus.
- Mission principale : ne pas se retrouver comme un imbécile à chercher son chemin demain matin pour son premier jour de boulot.
- Mission secondaire : glander.
Une fois réveillé et repu (conseil : les salades de pomme de terre toutes prêtes allemandes n'ont rien à voir avec leurs homologues françaises. Fuyez-les. Ou prenez les 850 g qui me restent dans mon frigo.), me voilà sur le chemin de la gare. Il fait beau, les oiseaux chantent, les filles diminuent leur surface de vêtements et le caissier de la gare a un accent encore pire que celui de mon propriétaire. Je comprends quand même que je peux m'asseoir sur les tarifs étudiants, tant que je n'aurai pas eu un papier de BMW attestant que je suis bien stagiaire chez eux.
Après avoir semé un hippie suspect qui me suivait depuis 4 stations de U-Bahn, je descends à Olympiazentrum, qui, comme son nom l'indique, est collée au site Olympique de Munich. Le bâtiment des RH de BMW repéré, je m'intéresse à la construction néo-gothico-moderne, particulièrement discrète, qui arbore un joli "BMW Welt". A moins de se faire renverser par un des agents de sécurité en Segway (c'est pas la crise pour tout le monde apparemment), l'entrée est totalement gratuite et le touriste émerveillé peut venir rêver librement.
Deux choses frappent immédiatement. D'abord la température, fixée par la clim' autour des 24-25° et donc parfaitement normale. La même scène aux Etats-Unis aurait demandé aux visiteurs de revêtir des blousons de ski. Les bébés phoques remercient la Bayerische Motoren Werke. Ensuite, la classe de l'ensemble. On a l'impression de se retrouver dans un Mondial de l'Auto permanent, évidemment voué à la gloire de BMW. Les modèles les plus récents et les plus classes sont exposés, ainsi qu'un coin promouvant toutes les dernières technologies de la marque, activités ludiques et didactiques à l'appui. Efficace et amusant, une vraie leçon donnée à la concurrence.
En sortant de ce très beau stand publicitaire, on tombe nez à nez avec la tour BMW, sobre immeuble de 100m de haut censé évoquer la forme d'un "4 cylindres" (l'architecte n'y connaissait clairement rien, mais ça a le mérite d'en jeter). Deux-trois photos plus loin, je me trouve à flâner dans l'Olympiapark, léchant sensuellement une glace italienne payée 1€ à un distributeur automatique (ceux que le système intriguent n'ont qu'à venir voir). Outre l'abondance de verdure et de bonne humeur, ce parc est certainement le seul au monde à faire se côtoyer Snoop Dogg, André Rieux et Boris Becker, tous trois ayant parmi tant d'autres (Deep Purple, Alice Cooper, Albator, Sarah Connor...) laissé leurs traces de mains le long d'un étang.
Un petit passage sur la Rotkreuzplatz, un McDo et une vieille dame renversée plus tard, je reviens à la case départ, bien décidé à écrire un truc hyper-long pour ne pas stresser en pensant à la journée qui m'attend demain...
Les photos de la journée sont toujours dispo par ici. Ou par là. Pfff, je sais plus.
samedi 2 mai 2009
Munich !
Enfin !
Après des mois à en parler, à tergiverser, à flipper, à planifier (un peu), à rêver (beaucoup), l'Allemagne est venue à moi. Ou presque. En tout cas, dans mon train, j'essayais de penser vachement fort que c'étaient les rails qui glissaient sous moi pour m'amener Munich, plutôt que moi vous quittant pour ces 5 longs mois de l'autre côté du Rhein (ça y est, j'suis trop immergé, je commence à lâcher des mots en allemand de manière aléatoire).
Passés le paragraphe d'intro pseudo-lyrique et les sentiments du pauvre expatrié de presque 900 bornes à vol de pigeon, et après avoir raté ma correspondance à Stuttgart comme un gl... grand, me voilà à Munich, cette mégalopole de 300 000 habitants selon ma proprio (1 300 000 selon l'INSEE allemand), nichée au fond à droite de l'Allemagne. Vingt minutes de S-Bahn plus tard, très aimablement guidé par ma propriétaire (que nous appelleront désormais Brunhilde, parce qu'un nom comme ça, ce serait con de s'en passer), j'ai l'impression d'atterrir dans la campagne façon Normandie, avec champs de colza et tout le toutim. Nous arrivons en fait à Oberschleissheim (n'essayez pas de prononcer si vous n'avez pas au moins huit ans d'allemand derrière vous, c'est peine perdue), 10-15 bornes au Nord de la ville même, avec ses petites rues pittoresques, façon villes semi-campagnardes de la grande couronne parisienne (comprenne qui pourra, j'ai pas trouvé mieux). Cinq minutes de marche et nous voilà à "la maison" (Brunhilde est en fait venue me chercher en voiture, se doutant que je serais chargé comme un mulet).
Je ne loge pas dans un appartement séparé, mais sous la maison de Brunhilde et son mari (à l'accent scandaleusement bavarois), dans un sous-sol superbement aménagé, aussi vaste que propre, joli, fonctionnel et bien équipé. Je le partage avec Joshua, Néo-Zélandais de 24 ans, expat' depuis presque trois ans pour se rapprocher de sa copine allemande. Alors que cet enfoiré (au demeurant super sympa) taxe la grande chambre de 25 m² (à vue de pif), je récolte la "petite" chambre, qui doit taper un bon 15 m² (toujours selon les mêmes méthodes de mesure). Je suis collé à la cuisine, qui doit faire à peu près la taille de ma chambre (suffisante, quoi), nous avons un frigo chacun, plein de vaisselle, un four, un micro-onde, une machine à laver le linge ; bref, la grande vie.
Pour résumer : un coin sympa, une Brunhilde très sympa (elle m'a offert le café et des pâtisseries trop bien, on a bavardé tous les trois avec Josh' pendant un bon bout de temps) malgré le fait qu'elle n'entrave pas un mot d'anglais, un logement aux petits oignons... il ne reste plus qu'à voir ce que donnera le motif de la visite : le stage.
PS : L'avis de ceux qui trouvent que j'utilise trop de parenthèses ne m'intéresse pas (et en plus je m'en fiche (nan mais sans blague...))
Toutes les photos sont dispo sur picasa : c'est par ici.
PS : L'avis de ceux qui trouvent que j'utilise trop de parenthèses ne m'intéresse pas (et en plus je m'en fiche (nan mais sans blague...))
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