lundi 4 mai 2009

1er jour chez BMW

Souhaitant absolument passer une bonne nuit de sommeil avant d'entamer un premier jour de boulot s'annonçant éprouvant, je décidai dimanche de me coucher à minuit et de me lever à 7h30. 7h30 de sommeil, une heure pour me préparer (costume + rasage artistique), une heure pour arriver au bureau des ressources humaines de BMW avec une bonne marge, le plan parfait. Exécuté d'une main de maître, comme il se doit : couché à 1h du matin, levé à 7h45, parti à 8h50, tout juste à l'heure sur place, à la bourre dans le bureau désiré, le temps de le trouver. Bienvenue dans mon monde.

Après une bonne grosse demi-heure à lire, signer et remplir des documents desquels je comprends la moitié du contenu (je remercie encore le gentil RH pour sa patience...), je repars de là soulagé (on ne m'a pas parlé d'éventuels problèmes d'assurance pour le travail) et avec sous le bras une liste de papiers aux noms à peu près aussi longs que le membre utilisé pour les porter. En tête de liste, apprenez en exclusivité mondiale que je me rendrai demain à l'aube au Kreisverwaltungreferat pour chercher une Lohnsteuerkarte (ça va encore) et une Freizügigkeitsbescheinigung. Sans déconner.

Quelques stations de U-Bahn plus loin et me voilà à mon futur lieu de travail, le BMW Forschungs- und Innovationzentrum (FIZ pour les intimes). Après avoir négocié un badge de visiteur en échange de mon passeport (j'ai été fort là, j'ai été fort...), j'attends patiemment mon tuteur dans le hall top-moderne du bâtiment. Un bon moment plus tard, ce n'est pas mon tuteur mais un vieux rieur façon "Wurst, Bier und Kartoffeln" qui me dit se prénommer Kai-Uwe Michaelis. L'accent n'aidant pas, il faudra que j'attende deux bonnes heures avant d'apprendre que son prénom n'est pas Michael et une de plus pour en connaître l'orthographe exact. Alors que nous bavardons, Michael m'amène donc à ce qui sera mon bureau pour les cinq prochains mois. C'est vaste, c'est propre, et apparemment les tiroirs sont encore pleins des affaires de mon prédécesseur à cette place. Cela semble en tout cas beaucoup faire rire mon guide et Christian, ingénieur du bureau d'à côté qui s'est joint à nous. A moins que ce ne soit le fait qu'ils n'arrivent pas à se connecter à l'interface sécurisée de mon ordinateur... Amateurs.

Alors que les deux Abitur +7 ont tout juste réussi à démarrer mon PC, arrive mon tuteur, Alexander Vogel (Alex pour les amis et pour les dames), qui était occupé sur un banc d'essai. Le temps de quelques politesses et voilà qu'apparaît mon bienfaiteur, Stéphane. En l'espace de 30 secondes, exploit d'une vie, j'ai réussi à parler à trois interlocuteurs différents en trois langues différentes. Chaud comme la braise, je me prépare psychologiquement à tabasser ce record nouvellement établi et à parler en viet' à mon voisin de bureau, mais celui-ci semble avoir déserté. Je comprends que nous sommes déjà à l'heure du repas et qu'on m'invite à aller me restaurer. En même temps, Stéphane me parle en français. Ca aide.

Tout juste remis du torticolis causé par un X5-M (V10, 500ch et des briquettes), dont l'agressivité de la calandre ferait passer les caisses de Fast and Furious pour des berlines françaises, et rassasié à grand coups de Wurst und Pommes Frites (en français dans le texte), je suis Stéphane à un des étages de bancs d'essai. L'heure et demi s'en suivant, bien que passionnante pour ceux s'intéressant un tant soit peu à l'automobile, est malheureusement classée secret défense et ne sera pas détaillée. J'ai droit à une présentation de l'ensemble des outils de monitoring (sur 6 écrans accolés, 4 PC, autant de claviers et de souris) et de deux moteurs pas encore disponibles. L'un d'entre eux devrait être dans les voitures d'ici septembre, tandis que l'autre ne sera pas là avant 18 à 24 mois. Mais la plupart d'entre vous s'en tamponne.

De retour à mon bureau, Alex et Kai-Uwe (haha ! Stéphane a vendu la mèche, tu fais moins le malin maintenant que j'ai compris ton prénom, hein ?) m'entraînent dans une salle de réunion pour m'expliquer le sujet de mon stage. Pour faire simple et n'endormir personne, il s'agira de rendre plus réactifs les capteurs utilisés dans les bancs d'essais afin de gagner du temps en mesures. A défaut de sonner glamour, le sujet pourrait être intéressant et me permettra dans tous les cas de squatter chez BMW pour les cinq mois à venir. Et maintenant, je retourne au rapport de stage du stagiaire qui a commencé le boulot. En Allemand, oui madame.

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