Avec ses, si l'on en croit Wikipedia, près de 25 % d'étrangers, Munich n'est pas exactement renfermée sur elle-même. Il n'est pas rare de croiser anglophones, mais aussi francophones au détour d'une rue ou dans le U-Bahn. Cependant, un endroit qui en renferme certainement bien plus qu'ailleurs est l'Office Européen des Brevets, que d'audacieux francophobes nomment également European Patent Office. Pour le constater, rien de tel qu'une petite soirée "Afterworks", organisée sur place, un jeudi. La réponse à la question "Comment m'y suis-je retrouvé ?" n'a pas de rapport direct avec le fait qu'il y ait eu de la lumière et que la porte soit ouverte. Quoique...
Ce qui est bien, quand ton cursus scolaire t'oblige à acquérir une expérience à l'étranger, c'est qu'il oblige également les autres élèves à la faire. Forcément, quand on travaille dans l'automobile, on réduit en plus assez vite le nombre de destinations intéressantes, ou en tout cas on les oriente assez naturellement. Vers l'Allemagne, par exemple. C'est donc une semaine avant mon départ que j'ai appris que Maxime (que nous appellerons par la suite Bob pour conserver son anonymat), avec qui j'étais en cours jusqu'à l'an dernier avant qu'il ne parte à Laval, effectue un stage à Munich sur les mêmes périodes que moi. Alors que nous nous tenions au courant de l'avancée de nos stages respectifs, celui-ci me proposait donc mercredi de le rejoindre le lendemain au Skybar de l'OEB, où se tenait la soirée précédemment évoquée. Après avoir constaté sur le chemin, non sans amusement, qu'une VW Polo (paix à son âme) est définitivement moins solide qu'un Mercedes ML (il faudra refaire la peinture du pare-choc arrière), un merci à la pluie, nous y retrouvions une de ses amies de collège, dont le copain (allemand, lui, mais parlant un français absolument irréprochable) travaille sur place, ainsi que quelques autres Français. La communication n'étant pas passée de manière optimale (conditions météo, pays sous-développé, toussa), ma présence n'était pas attendue, mais le scepticisme ambiant est vite noyé dans la bonne entente ('tain c'est beau ce que je dis).
Ce qui frappe en premier lieu est le nombre invraisemblable de Français réunis dans la même salle. On parle, selon les préférences de chacun, français, allemand ou anglais, et il n'est pas rare de s'adresser à quelqu'un dans une de ces trois langues et qu'il nous réponde dans une autre. La soirée se passe (évidemment) bien, toute la bière et les hot dogs nécessaires à la survie de l'humanité étant également de la partie. La grosse vexation sera pour moi, à n'en point douter, de constater que mon accent est encore tellement mauvais que le serveur (pas francophone pour un sou) doit me faire répéter "Weissbier". Ok, c'est bruyant, mais bon...
Ayant surmonté cette angoisse linguistique, je reprends donc la conversation en français avec mon groupe, avant de devoir faire face à un nouvel affront, peut-être plus grave encore que le premier : les deux Allemands qui sont avec nous connaissent, sans aucun doute possible, mieux les répliques des Bronzés que moi. Bien que me sachant loin d'être un expert en la matière, j'espérais pouvoir faire illusion à Munich. Peine perdue, visiblement.
La soirée ne présente pas d'autre événement farfelu qui mérite d'être relaté dans ces lignes, sinon l'arrivée d'Anne-Laure, peu avant que Bob et moi ne partions, demoiselle des plus sociables qui vient, pour une raison encore inconnue, chercher conseil auprès de nous en matière de cocktails. Une intervention qui serait passée inaperçue si la jeune femme n'était pas aussi jolie. De quoi convertir aux grandes blondes sans coup férir le plus ardent défenseur des petites brunes.
La fête ayant commencé tôt (18h30, right after ze work) et commençant à se tasser, nous la quittons un peu avant 22h30 pour regagner nos pénates. Un bon moment, au final, qui nous aura permis, à défaut de rester dans annales, de ne pas rester cloîtrés chez nous en semaine. A répéter le moins souvent possible, cependant, la pratique du français y étant bien trop développée pour pouvoir décemment progresser en allemand.
D'ailleurs, faudrait aussi que j'arrête d'écrire en français. Ce que je fais maintenant. Prochain message en allemand.
samedi 16 mai 2009
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